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Une Gay Pride de l’apaisement dans les rues de Sion

Après les polémiques de l’édition 2001, la manifestation sédunoise s’est déroulée ce samedi dans le calme

C’est «une belle fête qui contribue à la cohésion sociale et qui est symbole d’intégration», a plaidé le président – valaisan – du Conseil national Stéphane Rossini à l’ouverture de la Pride 2015, qui a eu lieu ce samedi à Sion. La Pride est «un signal fort contre ceux qui cultivent ou tentent de cultiver la discrimination», a poursuivi le premier citoyen du pays durant la partie officielle sur la place de la Planta à Sion.

Stéphane Rossini a vite été salué par son collègue de parti Mathias Reynard, lui-même auteur d’une motion pour accroître les sanctions contre l’homophobie:

Stéphane Rossini a ajouté: «Comme président du Conseil national et comme élu du canton du Valais, je soutiens la manifestation et suis heureux de briser le tabou selon lequel l’homosexualité serait une maladie ou une faiblesse de la nature», a-t-il lancé sous les applaudissements. Allusion aux propos tenus par l’évêque de Sion Jean-Marie Lovey dans Le Nouvelliste moins d’un mois avant la Pride.

Manon Schick, directrice de la section suisse d’Amnesty international y a aussi fait référence en déclarant avec fougue «Non l’homosexualité n’est pas une maladie!» et en exhortant à ne «jamais laisser s’installer des discours homophobes en Suisse ou ailleurs».

Selon Le Nouvelliste, la manifestation, qui comprenait huit chars, s’est déroulée dans le calme. En fin de journée, le bilan chiffré n’était pas encore connu, mais les observateurs ont fait état d’une forte affluence. Quelque 3000 personne étaient attendues. Et les slogans n’ont pas manqué de piquant.

Ce défilé a été le premier rassemblement homosexuel en Valais depuis 2001. Il y a 14 ans, l’hostilité avait été vive. Cette fois, les milieux conservateurs sont restés en retrait.

■ Lire aussi notre article de samedi: Le silence des conservateurs face à la Pride

Opposée à la Pride, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X n’a pas tenu de contre-manifestation à l’heure prévue. Seuls des policiers ont surveillé les alentours de l’église St-Théodule, fermée pour l’occasion sous prétexte de préparatifs en vue d’un jubilé.

En tout début d’après-midi, la police a interpellé et fouillé sur le site une dizaine de jeunes skinheads avant de les laisser repartir.

(Ici, briefing des policiers en début d’après-midi).

Seule attraction sur le parvis de l’église, Jean-Gabriel Cuénod de «26 Minutes», le faux magazine d’actualité hebdomadaire de la RTS, qui parodiait un intégriste sous l’œil amusé des badauds.

Des Gay Prides ont eu lieu ailleurs en Europe ce samedi, notamment à Varsovie et Nantes. Durant cette dernière, aucune violence n’a été à relever, hormis un moment de tension avec des militants d’extrême droite.

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