L’UDC, en particulier Christoph Blocher, conseiller fédéral de 2004 à 2007 et aujourd’hui vice-président du parti, s’en prend régulièrement au troisième pouvoir.

• Dans son discours du 1er août 2003 à Vorderthal (SZ), le tribun fustige le Tribunal fédéral qui a jugé discriminatoire le vote populaire sur les naturalisations.

• En 2004, sur fond de relations tendues avec le procureur fédéral Valentin Roschacher, Christoph Blocher fait voter par le gouvernement le principe d’une instance de surveillance unique du Ministère public, en l’occurrence le Département de justice et police qu’il dirige.

• En mars 2005, le TF décide qu’un requérant d’asile débouté a droit à une aide d’urgence minimale. Les juges ont institutionnalisé «l’abus de droit», proteste publiquement le conseiller fédéral.

• Le 2 juin 2005, Christoph Blocher exige du Tribunal fédéral que celui-ci lui présente des scénarios pour réduire son budget jusqu’à 20%.

• Le 20 janvier 2006 à l’Albisgüetli, défendant le durcissement de la loi sur l’asile, il dénonce deux «criminels» albanais que ses services voulaient expulser, mais que la Haute Cour a remis en liberté. Or ces deux réfugiés auraient pu être victimes d’une manipulation politique des autorités de leur pays. Le conseiller reconnaît deux mois plus tard avoir fait «une erreur».

• En juin 2006, il convainc le Tribunal pénal fédéral d’ouvrir une enquête sur le Ministère public soupçonné de recourir à des méthodes illégales et accusé de mauvaise gestion. Le procureur de la Confédération Valentin Roschacher démissionne un mois plus tard. Une enquête administrative blanchira ce dernier, tandis que la Commission de gestion du Conseil national reprochera à Christoph Blocher d’avoir porté atteinte à l’indépendance du chef du Parquet et, par là, aux principes mêmes de l’Etat de droit.

• Fin 2007, le conseiller fédéral présente de nouvelles mesures dans le domaine de l’asile, destinées à contrer la jurisprudence du nouveau Tribunal administratif fédéral, opérationnel depuis janvier 2007, qu’il juge trop favorable aux requérants.