On peut publier un livre très documenté et être capable de le résumer en deux coups de crayon sur une feuille de papier. «Ici, c’est Genève qui a envoyé ses trains vers Lausanne et toute la Suisse, là, c’est la Haute-Savoie qui a envoyé les siens à l’ouest vers toute la France. Et en cent trente ans, personne n’a pensé à une transversale qui relierait ces voies de chemin de fer. C’est tout de même incroyable!»

Sourire dépité et un brin moqueur de Claude Barbier, historien, auteur avec l’architecte-urbaniste Pierre-François Schwarz d’Aller et Venir. Transports et mobilité dans le Pays de Genève. L’ouvrage tombe à pic au moment où Suisses et Français lancent enfin une passerelle entre leurs réseaux respectifs. Le Léman Express, RER transfrontalier aux 45 gares et 230 kilomètres de rail, a commencé à circuler le dimanche 15 décembre. L’occasion était belle pour enclencher la marche arrière et rappeler que nos ancêtres, des plus anciens aux plus récents, ont réfléchi bien avant nous à la mobilité avec parfois une bonne longueur d’avance.