Ne plus verser d’argent aux requérants, une idée du PDC

Suisse A l’approche des élections fédérales, le Parti démocrate-chrétien durcit sa ligne sur l’asile

A l’approche des élections fédérales, le Parti démocrate-chrétien (PDC) durcit sa ligne sur l’asile. Cela ressort d’un «papier de position» dont se font écho Le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag.

Ce document émane d’un groupe de travail auquel participent notamment le Fribourgeois Urs Schwaller et le Zougois Ger­hard Pfister. Approuvé par le président du PDC, Christophe Darbellay, il sera soumis au congrès du parti le 29 août prochain.

Un premier volet concerne les conditions offertes aux requérants en Suisse. Les auteurs préconisent d’interdire dans une large mesure les versements d’argent liquide aux requérants en cours de procédure et aux bénéficiaires d’une admission provisoire. L’argent de poche et les prestations d’aide sociale ne devraient plus être accordés que sous forme de bons ou de prestations en nature. Cela pour empêcher les requérants d’effectuer des virements en faveur de leur famille restée au pays, voire, dans le cas de l’Erythrée, de s’acquitter d’un «impôt» en faveur du régime. Le PDC souhaite interdire également les voyages que des requérants érythréens font actuellement, avec ou sans autorisation, dans leur pays d’origine.

En revanche, le document démocrate-chrétien préconise de lever l’interdiction de travail qui pèse sur les requérants. Ils devraient pouvoir être affectés à une activité, sur le marché du travail ou dans le cadre d’un apprentissage, dès leur attribution à un canton. Pour autant, cette occupation ne serait pas rétribuée. L’indemnisation pour le travail effectué serait versée dans un fonds destiné à financer des projets dans le cadre de la politique d’asile.

Didier Burkhalter interpellé

Un second volet du document concerne la politique extérieure de la Suisse. La Suisse doit faire de l’Erythrée une priorité de son aide au développement, exige le parti. Quant au conseiller fédéral Didier Burkhalter, «il ne devrait pas se contenter de constater qu’il est difficile de discuter avec les autorités érythréennes». Le ministre des Affaires étrangères est poussé à s’impliquer davantage au niveau international, pour tous les efforts permettant de transformer l’Ery­thrée en un pays dans lequel il sera de nouveau possible de renvoyer les requérants. Le PDC fixe comme objectif pour les retours un horizon de trois ans, ce que des connaisseurs de ce pays, cités par la presse dominicale, tiennent pour utopique.

Ce catalogue de mesures de durcissement est accompagné de considérations générales dans lesquelles le PDC suisse manifeste son attachement à la tradition humanitaire et d’accueil de la Suisse.

De son côté, l’UDC menace de lancer un référendum si l’assistance juridique gratuite pour les requérants n’est pas supprimée du projet de révision de la loi sur l’asile, ainsi que l’a déclaré le président Toni Brunner dans la Zentral­schweiz am Sonntag.

L’UDC a déjà plaidé pour un moratoire de l’asile ou la fermeture des frontières. Dans une allocution diffusée sur Internet pour la Fête nationale, le président du Parti socialiste (PSS), Christian Levrat, plaidant «pour une Suisse ouverte et solidaire», a fustigé «les pyromanes politiques» qui utilisent la problématique de l’asile à des fins électorales».