Avec Jean-François Roth candidat atypique au Conseil fédéral, le Jura a donné de lui l'image d'un canton ouvert et dynamique. Il est toutefois difficile d'imaginer que l'élan de sympathie engendré par le candidat Roth efface les clichés négatifs qui ternissent la perception du Jura. Economiquement et financièrement faible, le dernier-né des cantons suisses a de surcroît le lourd handicap d'être l'un des Etats où la pression fiscale est la plus élevée.

Le Jura veut changer de visage, son gouvernement l'a affirmé en début d'année. La présentation de comptes équilibrés donne du crédit à ce canton qui n'a souvent guère été pris au sérieux. La longue traversée des chiffres rouges, depuis 1991, l'a contraint à repenser son fonctionnement, à subventionner sur la base de mandats de prestations et à réduire un train de vie administratif qui n'avait cessé de s'accroître durant les années 80. L'opération était d'autant moins évidente que le Jura n'est un canton souverain que depuis 1979.

Pour devenir le canton attractif souhaité par ses autorités, le Jura doit montrer des signes attestant qu'il est en mesure de contrecarrer ses désavantages. Atténuer, même modestement, la pression fiscale est, dans ce cadre, de nature à produire un impact favorable.

S.J.