Votation

Une initiative contre le mitage «trop extrême» pour les paysans

Les principales organisations de paysans disent non à l’initiative «Stopper le mitage». Elles redoutent qu’elle ne freine la construction de halles d’élevage ou de serres pour les légumes. La fédération d’agriculteurs bios, de son côté, soutient le texte

L’Union suisse des paysans (USP) affirme partager avec les Jeunes Verts le souci de la protection des terres cultivables. Elle ne manque d’ailleurs jamais une occasion de rappeler que la disparition des surfaces arables se poursuit au rythme «préoccupant» de 0,7 m2 par seconde. Pourquoi dès lors, l’USP rejette-t-elle l’initiative «Stopper le mitage», qui entend justement protéger les zones agricoles?

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«L’économie et la population poursuivent leur croissance et ont besoin d’espace», souligne le directeur de l’USP, Jacques Bourgeois, qui juge la proposition soumise en votation le 10 février «trop extrême et déconnectée de la réalité». Pour le conseiller national fribourgeois PLR, la première étape de la révision de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT) approuvée en 2013 apporte déjà des outils nécessaires à la protection contre le mitage du territoire. Tout comme le contre-projet à l’initiative «Pour la sécurité alimentaire», également accepté par le peuple, qui prévoit une meilleure protection des terres cultivables. «L’arsenal législatif suffit et nous devons désormais l’appliquer», explique Jacques Bourgeois.

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Les paysans bios disent oui

Les paysans s’opposent avant tout au point numéro 7 du texte de l’initiative. Ce dernier prévoit qu’en dehors des zones à bâtir, «seules les constructions et les installations qui sont destinées à l’agriculture dépendante du sol» peuvent être autorisées, sauf exception. L’USP, rejointe par l’Union suisse des paysannes ou encore Prométerre, redoute qu’en cas de oui à l’initiative, il ne soit plus possible de construire de nouvelles serres pour la culture des légumes ou de nouvelles halles d’élevage de porcs ou de poulets dans les zones agricoles.

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Mais le monde agricole n’est pas unanime. Bio Suisse recommande de voter oui le 10 février. La Fédération des entreprises agricoles biologique déplore que, malgré les récentes décisions populaires favorables à la protection des terres agricoles, «le parlement et le Conseil fédéral ont concocté des dérogations très problématiques qui autorisent des constructions en dehors des zones à bâtir». L’Association des petits paysans, qui compte quelque 5000 membres, soutien elle aussi l’initiative des Jeunes Verts, qui favorise selon elle une agriculture plus durable.


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