Neuchâtel

Une initiative pour contrer la centralisation hospitalière

Essentiellement paraphé par des citoyens des Montagnes, un texte exige que le canton de Neuchâtel dispose de «deux hôpitaux sûrs, autonomes et complémentaires». Un dans le Haut, un dans le Bas

C’est l’un des dossiers brûlants de l’automne dans le canton de Neuchâtel, à la veille des élections cantonales d’avril 2017. Quel modèle hospitalier pour le canton? Hôpital neuchâtelois (HNE) et le gouvernement prônent la centralisation des soins aigus en Ville de Neuchâtel, de la réadaptation dans un nouveau bâtiment à construire à La Chaux-de-Fonds.

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Un comité de médecins et de personnalités politiques des Montagnes est d’un autre avis. Il a fait aboutir, avec 7697 signatures, une initiative législative (4500 signatures sont nécessaires) qui se veut une alternative «raisonnable et économique» au programme gouvernemental. «Nous aurions facilement pu dépasser les 10 000 signatures», fait remarquer le député socialiste Armin Kapetanovic.

Le texte réclame «la présence d’un site hospitalier de soins aigus, associé à un centre de réadaptation, dans chacune des deux agglomérations du canton, Littoral et Montagnes. Chacun des sites est autonome d’un point de vue financier, décisionnel et stratégique».

L’initiative exige encore que chaque établissement dispose d’urgences médico-chirurgicales 24 heures sur 24, de soins intensifs, d’un service de chirurgie, d’une équipe d’anesthésistes et de blocs opératoires ouverts en permanence. Comment financer ces prestations redondantes? «L’Etat veille à ce que chaque établissement dispose des moyens financiers suffisants», précisent laconiquement les initiants.

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Armin Kapetanovic affirme que le modèle alternatif se limite à «couvrir l’essentiel, les soins de base, ce qui coûtera moins cher au canton», estime-t-il. Il constate que l’Hôpital du Jura bernois «fait du bénéfice».

Et de relever encore que la vision de l’initiative n’a rien de rétrograde, «mais c’est bien un modèle d’avenir, qui garantit la sécurité des soins de base». Le médecin Jean-Emmanuel Lalive fournit une autre donnée pour donner du crédit à l’initiative: «On a en moyenne suisse un plateau médical technique pour 58 000 habitants. Le projet du Conseil d’Etat, c’est un plateau pour 175 000 habitants. Nous en demandons deux, cela n’a rien de luxueux.»

Les Montagnes avaient déjà fait aboutir une autre initiative réclamant la réouverture d’une maternité dans le Haut. Elles souhaitent que l’initiative déposée vendredi puisse être soumise au peuple en février 2017 déjà, opposée au programme gouvernemental. Auquel cas, l’initiative pour la maternité serait retirée.

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