Trop d’aliments dangereux pour la santé finissent dans nos assiettes: en 2015, les chimistes cantonaux ont déposé 85 plaintes pénales contre des magasins ou restaurants. Au total, 892 plaintes ont été déposées pour infraction à la loi sur les denrées alimentaires.

C’est ce qui ressort de la statistique de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) et des affaires vétérinaires, publiée par la NZZ am Sonntag. Sur ces 85 plaintes, 23 concernent des légumes, 14 des produits finis, mais aussi de la viande, du poisson, des pâtes, des fruits et de la nourriture pour bébé.

Nombre de plaintes en hausse

Dans 807 autres cas, il s’agissait d’indications trompeuses sur la nourriture, d’infractions contre les normes en matière d’hygiène et de violations d’obligations d’annonce. Et le nombre de plaintes augmente d’année en année: en 2013 il s’élevait à 727 et en 2014 à 830. Une progression à relativiser toutefois, souligne la porte-parole de l’OSAV Nathalie Rochat qui confirme l’ensemble de ces chiffres. On ne peut en tout cas pas parler «d’une hausse drastique».

Palette de mesures

Ce sont les chimistes cantonaux qui organisent les contrôles sur place et qui transmettent leurs chiffres à l’OSAV qui les recensent depuis 2012, précise-t-elle. En 2015, ils ont ainsi contrôlé 73 000 aliments, dont 11 000 qui se sont avérés problématiques.

La plupart des cas n’étaient pas graves, mais certains l’étaient suffisamment pour exiger le retrait de la marchandise et pour porter plainte. Mais chaque cas est spécifique, rappelle l’OSAV.

Une plainte pénale est la dernière étape et c’est le tribunal qui décide de la nature de la sanction. Les mesures qui précèdent vont du retrait du produit, à l’élimination de la marchandise en passant par la fermeture d’un établissement.

Il peut aussi arriver qu’une entreprise ne soit plus autorisée à vendre certaines denrées: comme de proposer de la viande crue ou d’importer des produits d’Asie.

Intentions frauduleuses

Le consommateur doit-il s’inquiéter? Certes, ces aliments peuvent être dangereux pour sa santé, en raison par exemple de résidus importants de pesticides ou d’impuretés microbiologiques. Mais ces résultats montrent surtout que ces contrôles fonctionnent, relève l’OSAV. Dans tous ces cas, le problème a été résolu. Les produits concernés ont été retirés du marché ou améliorés, c’est-à-dire les défauts supprimés – ce qui représente 84,9% des mesures prises.

Viande mal déclarée

D’après la NZZ am Sonntag, les magasins et restaurants se font régulièrement pincer en raison de viande mal déclarée et dangereuse pour la santé. Un grand magasin faisait par exemple passer de la viande, dont la date a expiré, comme fraîche ou de la viande «normale» pour du «bio».

D’après l’hebdomadaire alémanique, le Ministère public d’Argovie a porté plainte contre cinq personnes dans cette affaire. Ces fausses déclarations posent un problème toujours plus important, d’après Josianne Walpen, de la Fédération alémanique des consommateurs, citée par le journal. Derrière elles, se cachent souvent des intentions frauduleuses.