De l'autre côté de l'Atlantique, la publicité à l'école est un phénomène ordinaire. Telle entreprise paie le tableau noir, fournit l'ordinateur, ou installe des distributeurs dans les couloirs. Les autorités scolaires romandes sont encore loin de s'inspirer d'une telle pratique. Dès lors, la brèche ouverte par l'agenda distribué aux élèves valaisans mérite d'être débattue.

Car en deçà même des interrogations pédagogiques et déontologiques que soulève cette démarche, l'acceptation de la pub dans le champ scolaire laisse ouvertes des questions aussi pratiques que problématiques. Quelles entreprises sont-elles susceptibles d'avoir accès au marché que représentent les élèves? Quelles modalités faut-il leur fixer? Et quelles limites doivent-elles être posées?

Même en admettant que ce cadre soit défini, le problème restera entier. Les partisans de la pub à l'école invoquent bien sûr les perspectives pédagogiques qu'ouvre un mode de financement élargi. Mais le morcellement de notre système scolaire ne manquerait pas de favoriser des disparités entre les établissements, condamnés à se livrer à des surenchères pour capter la manne nouvelle. Le danger est bien là. Tout compte fait, il faut donc souhaiter que l'école reste encore longtemps soustraite aux démarchages des publicitaires.