Une Love Mobile entièrement chinoise va défiler lors de la 21e Street Parade, samedi à Zurich. Le char joue sur le motif du chat asiatique porte-bonheur. Une occasion unique de découvrir les DJ Weng Weng, Yang Bing, Zhang, Youdai, et bien d’autres. Au total, une quinzaine de DJ et artistes sont venus tout exprès de Chine. Et, pour garantir des vibrations authentiquement chinoises, ils sont accompagnés par une soixantaine de touristes chinois amateurs de musique. La rave géante sur les bords de la Limmat est le clou de leur voyage suisse.

Le Suisse Michael Vonplon, avec son agence spécialisée dans les échanges culturels entre les deux pays, Miro China, est à l’origine de cette initiative. Fan de techno, qui a vécu à Hongkong, puis dès 1996 à Pékin, il commence par des raves privées, avant de passer la vitesse supérieure. En 2001, il avait organisé à Kunming, ville du sud-ouest de la Chine jumelée avec Zurich, un des premiers festivals technos en plein air dans l’Empire du Milieu.

«Les choses ont beaucoup changé depuis mon arrivée à Pékin. A l’époque, j’étais le seul avec un tourne-disque… Maintenant dans les villes, et même les plus petites, il y a une grande offre de musique alternative, surtout rock et pop. Mais la scène techno est encore petite en Chine, et sa réputation entachée de scandales liés à la drogue. Elle est de plus dominée par des étrangers», raconte Michael Vonplon.

Vers les attractions suisses

Au-delà de sa passion pour la musique électronique, il aimerait surtout encourager des échanges entre musique et art de haut niveau. «J’ai une grande affinité avec ce pays et ses habitants, j’y ai vécu six ans, il n’y a pas que les échanges commerciaux qui comptent.» En prolongation de la Street Parade, il organise pour la troisième fois le festival China Drifting, avec performances de groupes technos chinois – Pet Conspiracy, Yang Bing, Liman, Ben Huang, B6, Jiong Jiong – et de groupes helvétiques. Selon un spécialiste, «il ne faut pas s’attendre à une musique de contestataires, mais à une bonne vieille techno des familles calquée sur le modèle occidental – tout comme le night-clubbing pékinois l’est sur celui des métropoles européennes.»

L’autre volet de l’offensive de Michael Vonplon pour faire mieux connaître la Suisse au public chinois est le voyage SwissKiss, organisé pour des participants jeunes (25 à 40 ans), intéressés à la musique et à des attractions helvétiques un peu moins convenues. La Street Parade est le moment fort de leur déplacement en Suisse. Ils se rendent également à Berne pour le Festival de musique de rue, sans oublier les classiques: Lucerne, Zermatt, la Gruyère ainsi que les vignes de Lavaux.

Ce programme porte aussi la griffe de Suisse Tourisme, qui parraine l’opération et finance en parallèle un voyage réservé à des journalistes chinois. L’accent est mis sur les festivals de tout genre: la Street Parade, le film à Locarno, la musique classique à Lucerne et à Gstaad, les Fêtes de Genève. Car les Chinois constituent un groupe très courtisé par les responsables du tourisme en Suisse.

En 2011, les nuitées des hôtes en provenance de ce pays dépassaient largement celles des touristes du Japon et de l’Inde. Elles représentaient 3,4% des parts de marché des touristes étrangers. Suisse Tourisme, ainsi que l’explique sa porte-parole, Véronique Kanel, est particulièrement intéressé par les voyageurs chinois de la deuxième génération, ceux qui, après les pionniers qui ont fait le tour en un temps record des lieux les plus célèbres de Suisse, sont prêts à rester plus longtemps et à sortir – un peu – des sentiers bat­tus.