Le samedi 6 mai 1989, le groupe yougoslave Riva entonne son refrain «Rock me Baby» sur la scène du Palais de Beaulieu à Lausanne, sous les yeux du président de la Confédération Jean-Pascal Delamuraz, et reçoit des mains de Céline Dion le trophée de l’Eurovision de la chanson. Cette même année, le 19 septembre 1989, dans le nord du canton, à Yverdon, c’est un «mardi noir» pour l’économie vaudoise. L’entreprise Hermès Precisa, orgueil d’une région, met un terme définitif à toute activité de production. La mort annoncée de ce fleuron romand est un traumatisme. Elle marque la fin de l’une des plus incroyables aventures industrielles suisses, celle de la machine à écrire Hermès Baby.

Ce clin d’œil du destin a inspiré le titre de l’exposition-événement, Rock me Baby, qui s’ouvre ce samedi 10 octobre à Yverdon. Durant plusieurs mois, les différentes institutions culturelles de la capitale du Nord vaudois multiplieront les regards sur la machine à écrire en général, et plus particulièrement sur cette fameuse Baby. Inventée dans l’entre-deux-guerres, produite à des millions d’exemplaires et exportée dans le monde entier, elle restera comme «la star des machines portatives du XXe siècle», selon un titre du quotidien Le Parisien.