libre circulation

Une majorité du Conseil fédéral pour l’activation de la clause de sauvegarde

La limitation de l’arrivée de nouveaux travailleurs européens en Suisse s’impose. Tous les partis, sauf le PS, y sont favorables

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann ne cache pas son soutien à l’application de la clause de sauvegarde limitant temporairement la libre circulation des Européens. Avec lui, une nette majorité du Conseil fédéral se dessine pour limiter provisoirement l’arrivée de nouveaux travailleurs européens en Suisse.

Alors que le Conseil fédéral devrait logiquement prendre une décision lors de sa séance du 19 avril, le ministre de l’Economie confirme aux journaux dominicaux Schweiz am Sonntag et NZZ am Sonntag que, pour lui, l’es­sentiel c’est la confiance de la population dans les promesses du Conseil fédéral. Celle-ci doit l’emporter sur les considérations de politique extérieure, notamment le risque de réactions négatives de l’UE.

Car, en signant l’accord sur la libre circulation, le Conseil fédéral avait assuré les Suisses que, en cas de trop forte immigration, il pourrait enclencher une clause de sauvegarde limitant l’afflux extérieur. Le ministre de l’Economie admet que les grandes associations patronales et économiques ont besoin de forces de travail en Suisse et qu’il y a une nécessité de ne pas froisser nos voisins européens. «Quoi qu’il en soit, le Conseil fédéral se trouve face à une décision difficile… mais la crédibilité du Conseil fédéral en politique intérieure est d’une importance primordiale. Si les chiffres sont atteints, le Conseil fédéral peut appliquer la clause car il en a été conclu ainsi avec l’UE.»

Retrouver la confiance

Johann Schneider-Ammann estime que les trois votations qui se présentent, pour l’extension de la libre circulation à la Croatie, sur les initiatives de l’UDC et d’Ecopop limitant l’immigration, peuvent être gagnées si le peuple retrouve la confiance dans ses autorités. Lui-même rappelle qu’il s’est fortement engagé par les mesures d’accompagnement contre la sous-enchère salariale et la responsabilité solidaire de la chaîne de sous-traitants.

Malgré l’opposition de la gauche et des organisations patronales et économiques – economiesuisse, Union suisse des paysans, Union patronale –, une majorité en faveur de la clause de sauvegarde se dessine au sein du Conseil fédéral, note la NZZ am Sonntag. Alors que l’an dernier seuls le ministre des Affaires étrangères, Didier Burkhalter, et la ministre des Finances, Eveline Widmer-Schlumpf, s’étaient opposés à son application, cette année la conseillère fédérale grisonne est mise sous forte pression par son parti, le PBD, qui estime que cette mesure doit absolument être appliquée. A l’exception du PS, tous les partis y sont favorables.

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