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Une migrante syrienne perd son bébé pendant son expulsion

Une enquête a été lancée au sein du Corps des gardes-frontière pour clarifier les circonstances du drame. La femme se plaignait de douleurs et de saignements pendant qu’elle était escortée par des gardes-frontière entre Vallorbe et Brigue, avant d’être mise dans un train pour Domodossola

Une Syrienne refoulée vers l’Italie perd son bébé

Asile Enquête au sein du Corps suisse des gardes-frontière pour clarifier les circonstances du drame

Pendant que la ministre de Justice et police, Simonetta Sommaruga, arpentait, jeudi, les allées de l’immense camp de réfugiés syriens de Zaatari, en Jordanie, et visitait le centre d’enregistrement de Raba Sar­han, à sept kilomètres de la frontière syrienne, une polémique éclatait en Suisse. Une requérante d’asile syrienne refoulée a perdu son enfant pendant son expulsion, accouchant d’un bébé mort-né. Faute de soins adéquats pendant le trajet, dénonce son mari. Elle était enceinte de sept mois.

Cette femme est un «cas Dublin». Elle a été refoulée vers l’Italie depuis Vallorbe (VD), après avoir voulu se rendre en France. Avec son mari, son fils de 2 ans, et un groupe de 33 migrants, elle avait pris, le 4 juillet, le train de nuit de Milan qui devait l’acheminer à Paris. Le groupe, sans document de voyage valable, a été arrêté à la frontière franco-suisse par les Français. Et a ensuite été refoulé vers l’Italie, en repassant par la Suisse. C’est l’émission 10 vor 10 de la Télévision alémanique qui a rendu ce cas public mercredi soir. Jürg Noth, le chef du Corps des gardes-frontière, a confirmé l’affaire, soulignant avoir eu connaissance dimanche d’un «incident médical dans un hôpital de Domodossola (I)».

Des saignements

Il a immédiatement exigé une enquête interne afin de clarifier les circonstances du drame. Car le groupe de migrants, dont faisait partie la Syrienne enceinte, était, pendant le trajet entre Vallorbe et Domodossola, sous la responsabilité des gardes-frontière suisses. L’Office fédéral des migrations (ODM) refuse de faire le moindre commentaire et renvoie au Corps des gardes-frontière.

Devant les caméras de 10 vor 10, le mari, Omar, 32 ans, filmé portant un petit cercueil blanc, évoque les saignements de son épouse et les appels à l’aide répétés, demeurés, dit-il, sans réponse des autorités suisses. Interrogé, un médecin italien a à son tour sévèrement critiqué les Suisses, soulignant que le drame aurait pu être évité.

Selon les dires du mari, lui, son épouse et leur fils auraient, après douze heures de trajet, passé plusieurs heures dans une cellule à Brigue, avant d’être mis dans un train pour Domodossola. C’est sur le quai de la gare italienne que sa femme se serait effondrée. Un garde-frontière italien a alors appelé l’ambulance, mais à l’arrivée à l’hôpital, le bébé, une fillette, était déjà mort. Le parquet italien a ouvert une enquête.

Contacté, Walter Pavel, porte-parole de l’Administration fédérale des douanes, dit ne pas être en mesure de donner les premiers résultats des investigations, «l’enquête étant toujours en cours». Jamais, auparavant, le Corps des gardes-frontière n’avait dû faire face à un tel drame. «C’est un événement tragique qui nous a beaucoup touchés, nous voulons en clarifier les circonstances exactes», commente Walter Pavel. Il précise que le groupe de 36 migrants a été acheminé de Vallorbe à Brigue dans des minibus – environ six personnes par véhicule. Ils étaient encadrés par une quinzaine de fonctionnaires.

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