Transports

Une mobilité à deux vitesses dans le Grand Genève

Les réseaux suisse et français du CEVA n’en forment désormais plus qu’un. Mais face au désengagement de Berne, c’est un financement franco-français qui permettra d’ouvrir une ligne de bus dans le Pays de Gex

La jonction symbolique des rails du réseau suisse et français du Léman Express a eu lieu vendredi à Annemasse (Haute-Savoie), devant un parterre d’élus de chaque pays. Baptisée dans un premier temps CEVA (Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse), la liaison ferroviaire de 16 kilomètres (dont 14 en Suisse) devrait être mise en service en décembre 2019.

Ce Léman express, véritable RER transfrontalier, va permettre de connecter entre elles 45 gares dans un rayon de 60 kilomètres autour de Genève. Cinquante mille voyageurs par jour seront transportés dans une quarantaine de trains. Un train circulera toutes les dix minutes entre la gare de Cornavin et Annemasse.

Tensions entre Suisses et Français

Cette heureuse étape dans la coopération transfrontalière a été franchie alors que des tensions existent entre Suisses et Français au sujet du financement d’autres projets transfrontaliers de mobilité. La semaine passée, la Confédération a ainsi annoncé qu’elle ne cofinancerait pas la phase 2 de l’extension du tram Genève-Annemasse et le prolongement du tram genevois vers Saint-Genis-Pouilly (Ain), ce qui constitue aux yeux des élus français «un frein à la construction transfrontalière».

Pour ce qui concerne le tram vers Saint-Genis-Pouilly, la réaction a été rapide puisque ce vendredi la région Auvergne-Rhône-Alpes, le département de l’Ain et la Communauté de communes du Pays de Gex ont trouvé un accord pour présenter un projet d’un bus à haut niveau de service entre la frontière et Saint-Genis-Pouilly, en lieu et place du tram. Il sera cofinancé par les trois entités (coût total estimé entre 15 et 17 millions d’euros contre 47 millions pour le tram) et sera plus rapide à réaliser. Il sera soumis aux autorités genevoises pour une concrétisation rapide, notamment pour la bande de 300 mètres côté suisse qui doit rejoindre l’actuel arrêt du tram à Meyrin.

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