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© JEN-CHRISTOPHE BOTT

Vaud 

Une Municipalité de Lausanne monocolore? Le grand frisson

L’exécutif de la capital vaudoise pourrait se retrouver entièrement à gauche. A droite, certains l’espèrent. Analyse

Une cure d’opposition serait-elle salutaire au Parti libéral-radical lausannois? La question bout dans certains esprits de la droite vaudoise. Pour ceux-ci, le parti ferait mieux de pratiquer la politique de la chaise vide, au lieu d'occuper le seul siège qu’une majorité de gauche hégémonique lui laisse à la Municipalité de Lausanne. «Il serait préférable de refuser ce strapontin plutôt que d’y jouer les faire-valoir», écrit dans Le Temps de vendredi la chroniqueuse Marie-Hélène Miauton, proche du PLR.

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Seul contre six, le PLR Pierre-Antoine Hildbrand sera d’autant plus isolé qu’il est nouveau, argumentent ceux que ce scénario démangent. Certes, Olivier Français vit cette même situation depuis dix ans, mais il a pu profiter de sa complicité avec le syndic vert Daniel Brélaz. Cette collaboration est loin d’être acquise dans la nouvelle équipe, où le PS reprend la première place.

Avec un exécutif entièrement de son bord, la gauche devrait assumer entièrement la politique qu’elle mène depuis depuis 1989. La droite, que le système majoritaire marginalise aujourd’hui au-delà de l’admissible, profiterait de sa sortie pour affirmer sa différence. En multipliant initiatives et référendums, ou en attendant que des difficultés financières croissantes creusent une brèche dans la généreuse politique sociale de la ville.

La peur du vide

Dans l’histoire récente romande, le seul exemple de gouvernement monocolore est celui que la droite a exercé sur le canton de Genève entre 1993 et 1997. Son origine est accidentelle, du fait des divisions de la gauche et non d’une volonté de celle-ci de ne pas en être. On s’en souvient comme d’une période de confusion et de blocage. Le Conseil d’État, contesté et miné par les dissensions intestines, n’a pu réaliser ses projets. Au bout de cette législature, la gauche est revenue à l’exécutif, avec trois ministres sur sept, et a pris de justesse la majorité du Grand Conseil.

A Lausanne, dans les appareils du PLR, la tentation de la rupture est rejetée aussitôt évoquée. Elle n’a pas même fait l’objet d’une proposition à l’assemblée du parti communal après le premier tour. La peur du vide est plus grande que la peur de la marginalisation. Logiquement, le candidat Pierre-Antoine Hildbrand prend très mal l’hypothèse : «C’est comme si l’on disait d’emblée que je serai incapable de représenter une autre sensibilité.» Partir pour mieux revenir ? C’est risquer de disparaître complètement des radars. Le PLR comme force d’opposition ? Une chimère !

Contorsions avant le second tour 

Pour autant, la perspective d’une Municipalité 100 % à gauche n’est pas complètement exclue. Elle pourrait sortir simplement des urnes. Un conseiller communal de Solidarités, Hadrien Buclin, se lance pour le second tour, secouant la direction des partis municipaux, qui comptaient sur l’élection tacite de Pierre-Antoine Hildbrand. Un rebondissement auquel la gauche officielle réagit par des contorsions. Le POP soutient officiellement le nouveau candidat, le PS et les Verts, irrités, se taisent. Les élus du premier tour proclament à titre personnel qu’ils ne réclament pas toute la place.

La majorité à six que la gauche détient à la Municipalité depuis 2006 n’a jamais correspondu au réel rapport de force au Conseil communal, qui est de 60% pour la gauche. Pour disproportionnée que soit la place de cette majorité à l’exécutif, elle ne l’est pas plus qu’il y a cinq ans. Mais la déception de la droite est d’autant plus amère cette fois que l’élection du POP David Payot passe mal. La promotion quasi automatique grâce à la liste unique de cet élu sans notoriété, assise ou mérite particuliers est vécue comme l’avanie de trop.

Lire aussi: Le portrait de David Payot 

Pour ou contre la RIE III

Pour le second tour du 20 mars, Pierre-Antoine Hildbrand reste le grand favori. Il devrait bénéficier des reports de voix du centre et de l’UDC. Mais son sort dépend aussi des voix de la gauche. Hadrien Buclin, qui fait du second tour une tribune contre la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III), pourrait attirer les électeurs socialistes hostiles à ce projet et aux arrangements d’appareil. Au Café du Commerce, on entend aussi des électeurs de droite dire qu’ils voteront Buclin, pour provoquer le choc.

La démobilisation habituelle du second tour, avec un électorat PS assurément déjà servi et une base PLR peut-être démotivée, accroit l’incertitude. Même s’il réussit son entrée à la Municipalité, Pierre-Antoine Hildbrand peut s’attendre à ce que son parti prenne désormais plus de liberté face à son unique élu. En attendant que le PLR trouve les moyens de limiter les «abus» d'un système majoritaire dont il profite lui-même encore dans d’autres endroits du canton. Ou qu’il parvienne, s’étant allié avec les autres composantes de la droite, à affronter la gauche bloc contre bloc.

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