Un nouveau parti politique national a vu le jour samedi à Schaffhouse. Quelque 200 personnes, dont une forte délégation de Romands, ont fondé La Gauche. Cette formation s’adresse aux déçus du PS et des Verts. La Gauche – Linke Alternative – La Sinistra de son vrai nom, le nouveau parti compte aussi séduire les jeunes. Anticapitaliste et écosocialiste, il veut s’inspirer du succès de «Die Linke» en Allemagne.

«Une vraie alternative»

«Nous voulons donner une voix à la gauche de la gauche sur le plan national en créant un mouvement unitaire», a indiqué l’ex-président du PS du Jura bernois et co-initiateur du projet Frédéric Charpié: «Il faut que les citoyens aient vraie alternative de gauche».

«Nous sommes en train de fédérer les déçus, mais aussi des mouvements qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble», relève pour sa part le popiste Josef Zisyadis (VD). Le conseiller national est le seul représentant de l’extrême-gauche sous la Coupole fédérale.

Une centaine de Romands

Quelque 120 personnes sont venues de Suisse romande pour l’occasion. Durant cinq heures, militantes et militants ont débattu de leur futur programme d’action. Une majorité a fini par décider de s’accorder davantage de temps avant de se doter d’un programme politique.

Salaire minimum

Un projet en 20 points était soumis à l’assemblée. Il comportait la revendication d’un salaire minimum national, à 3500 francs sur treize mois. Une caisse maladie unique, la gratuité des études, la gratuité des transports publics, le droit de vote et l’éligibilité des étrangers établis en Suisse depuis cinq ans ou encore l’abandon de l’énergie nucléaire figuraient également dans ce projet.

A Lausanne en mai

Le tout nouveau parti s’est doté d’un comité de coordination. Fort de 25 personnes, il a pour mandat de préparer la première assemblée du parti, qui se tiendra fin mai à Lausanne. «Le programme définitif sera dévoilé à ce moment-là», a précisé Frédéric Charpié.

La course en 2011?

Le nouveau parti n’exclut pas de se lancer dans la course pour les élections fédérales de 2011. «Nous y verrons plus clair lors de l’assemblée», a souligné M. Charpié. «La priorité pour l’instant est de faire avancer nos idées.»

Plusieurs questions restent en suspens, notamment concernant le financement, les statuts et l’organisation de la toute jeune formation. La Gauche – Linke Alternative – La Sinistra compte exister sur le plan national sans se doter de sections cantonales. Cela pour permettre aux personnes qui appartiennent à d’autres formations cantonales d’y adhérer.