Vaud

Une nouvelle prison vaudoise pour lutter contre la surpopulation carcérale

Le Conseil d’Etat a annoncé la construction d’un nouvel établissement pénitentiaire de 410 places sur la plaine de l’Orbe. Malgré sa vétusté, la prison du Bois-Mermet reste ouverte

Une nouvelle prison va sortir de terre sur la plaine de l’Orbe. Béatrice Métraux, conseillère d’Etat en charge du Département des institutions et de la sécurité, a annoncé lundi la construction d’un établissement pénitentiaire qui accueillera à terme quelque 410 détenus. La structure sera édifiée sur un terrain de 13 hectares situé juste devant les bâtiments déjà existants, a-t-elle précisé, sur place.

Le projet des Grands-Marais, qui doublera la capacité actuelle sur le site, doit permettre de lutter contre la surpopulation carcérale. A ce jour, le canton de Vaud bénéficie d’environ 800 places pour 1000 détenus. Symbole de ce problème, la vétuste prison du Bois-Mermet ne fermera pas une fois le nouveau bâtiment inauguré. Construit en 1905, l’établissement lausannois restera en fonction au moins jusqu’à la fin de la prochaine législature (2022-2027). «Les activités pénitentiaires devraient cesser, mais il est encore trop tôt pour présenter un calendrier», a affirmé Béatrice Métraux. La prison accueille environ 170 détenus. L’objectif est de descendre à 120 places, un taux d’occupation jugé plus «raisonnable en termes de prise en charge».

Contexte tendu

La décision du Conseil d’Etat s’inscrit dans la stratégie de développement des infrastructures pénitentiaires adoptée en 2014. «Elle n’a pas été prise sous la pression parlementaire. Nous n’avons jamais perdu le cap, même au plus vif de la polémique», a insisté la ministre verte. L’UDC, soutenue par une partie du PLR, demandait l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur de possibles «dysfonctionnements du service pénitentiaire». Fin janvier, le Grand Conseil vaudois a largement rejeté cette requête.

Lire aussi: Le Grand Conseil vaudois refuse la création d’une commission d’enquête parlementaire

Une enquête administrative a toutefois été ouverte en novembre à l’encontre du directeur des Etablissements pénitentiaires de la plaine de l’Orbe, afin de déterminer si des erreurs ont pu être commises. Olivier Rogivue a été relevé de ses obligations. Les résultats de l’enquête ne devraient pas être publiés avant fin avril. «Cela ne se fait pas en quelques semaines. De nombreux entretiens sont actuellement réalisés avec le personnel sur ses conditions de travail», a souligné Béatrice Métraux.

Prise en charge améliorée

Les autorités cantonales souhaitent améliorer l’accompagnement des détenus. Le futur établissement du Nord vaudois proposera une prise en charge spécifique afin de limiter le choc de l’incarcération, d’améliorer la formation et la réinsertion. Une unité pour les personnes victimes de troubles psychiques devrait voir le jour, et les personnes âgées bénéficieront par ailleurs d’un encadrement adapté. Objectif: prévenir la récidive. «La structure offrira une sécurité dernier cri à l’extérieur pour agir de manière efficace à l’intérieur», a résumé Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire.

Le coût du projet n’est pas encore déterminé. Un crédit d’étude sera présenté prochainement pour la première tranche. La facture finale devrait toutefois atteindre 290 millions de francs, selon les chiffres présentés en juin 2017 par le ministre des Finances, Pascal Broulis. Il est par ailleurs trop tôt pour déterminer l’effectif de l’encadrement.

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En deux étapes

Le projet se fera en deux étapes, avec un premier chantier qui doit être mené entre 2022 et 2025. Il comprendra la construction d’infrastructures centrales – comme des services administratifs, sanitaires et un complexe sportif – ainsi que la création de 210 places de détention.

La deuxième étape, dont les modalités sont encore à définir, complétera l’ouvrage avec 200 places supplémentaires. «Nous souhaitons doter le canton de Vaud de structures pénitentiaires sécurisées et avec un nombre de cellules à la hauteur des besoins», a précisé Béatrice Métraux, qui a pris la peine de dessiner un plan du futur bâtiment sur une feuille blanche. «C’est l’œuvre du siècle», plaisante-t-elle au sujet de son croquis.

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