Après Rome, une Lesbian and Gay Pride dans les rues de Sion, voilà tout un symbole. Les organisateurs sont cependant partagés: faut-il défiler haut en couleur sur des chars ou se contenter d'une manifestation plus discrète? Foin d'hypocrisie. S'il faut y aller, autant y aller carrément. Une manifestation timide aurait peu d'impact. La parade s'impose.

Certes, on devine déjà la poussée de boutons des milieux de la droite catholique conservatrice valaisanne. Ces derniers donneront de la voix et feront jouer leurs relations pour faire interdire la manifestation. Rien que pour ça, cela vaut le coup d'essayer. En fait, les Valaisans, pas plus que les Fribourgeois, ne sont de loin pas tous des moralistes obtus. Le canton, après l'échec olympique et la morosité qui s'est installée depuis, pourrait montrer que le mot ouverture n'est pas simplement un leitmotiv oratoire, mais que l'on peut passer de la parole aux actes.

La tâche des organisateurs demandera toutefois du doigté. Faire bien, joyeux et festif. Et cette manifestation pourrait rallier non seulement les homosexuel(le)s de Suisse romande, mais aussi tous ceux qui veulent un Valais moins fermé sur lui-même, moins prisonnier de ses inhibitions.

E. F.