L'effort d'explication promis par Samuel Schmid suffira-t-il à sauver Armée XXI? Il n'est guère possible actuellement d'offrir plus qu'une réponse de Normand. D'un côté, les réticences exprimées samedi sont le reflet d'une nostalgie sans doute largement ancrée dans la population, celle d'une armée de défense qui protège un pays jamais attaqué et qui compense cette inactivité en permettant à ses membres d'accumuler les bons souvenirs. Pour adapter l'armée aux besoins d'aujourd'hui et de demain, Samuel Schmid devra briser cette nostalgie. Bon courage!

D'un autre côté, il faut relever les paroles apaisantes de Gerold Bührer. Le président du PRD s'est senti obligé de relativiser l'opposition manifestée par son parti, qui n'est sans doute pas aussi fondamentale qu'elle en a donné l'impression. Le ministre de la Défense semble compter sur les radicaux pour donner à sa réforme un nouvel élan. S'il regagne leur confiance, il pourrait disposer de la base dont il a besoin pour reconstruire son projet. Mais rien n'est gagné. Qu'il s'agisse du profil du chef de l'armée, des différentes formules de formation, du rapport entre la milice et les professionnels, le besoin d'informer et de rassurer demeure gigantesque. Il faut agir vite: les militaires d'aujourd'hui sont formés dans l'inconnue du lendemain, ce qui n'est guère motivant. Samuel Schmid sait qu'il joue une partie serrée. Toutefois, très combatif devant son parti, il semble avoir les moyens de passer l'épaule.