Jean-Michel Cina, président du groupe PDC aux Chambres fédérales, était accablé, hier, à l'audition du verdict. «Cela fait mal. Sans vouloir juger d'un dossier que je ne connais pas, je ne m'attendais pas à une si lourde peine. Je suis surpris et surtout très triste sur le plan humain. Guido Zäch est un ami avec lequel nous avons bien travaillé jusqu'à présent, il est très engagé dans les problèmes de santé publique, c'est un homme de valeur qui a mené son mandat politique avec conscience et droiture».

Sur le plan politique, le patron du groupe démocrate-chrétien ne croit pas que l'affaire aura la moindre répercussion. Même si les dirigeants du PDC suisse ont tenu vendredi une réunion de crise. «L'électorat argovien sait bien faire la différence. Ce n'est pas dans l'exercice de son mandat politique que Guido Zäch aurait commis les fautes qu'on lui reproche, mais dans des engagements annexes ou liés à sa profession. Ce n'est pas comme s'il avait touché des dessous de table pour favoriser une décision. Il ne s'est d'ailleurs pas enrichi personnellement. Je comprends qu'il préfère renoncer à son mandat politique pour mieux se concentrer sur sa défense.» Car pour Jean-Michel Cina, rien ne dit que le recours confirme le jugement de première instance.

Le PDC a tenu à remercier «un politicien de mérite et très engagé» pour son action au sein du Parti démocrate-chrétien. Il relève que le jugement de première instance n'enlève rien «aux mérites du médecin qui a consacré sa vie aux paraplégiques». Le PDC du canton d'Argovie a tenu aussi à saluer le geste de loyauté d'un homme politique très engagé. La question de sa succession sera abordée samedi après consultation avec le PDC suisse.

Pour la Fondation, le tribunal a retenu une série de décisions malheureuses et ratées sans tenir compte du fait que Zäch a contribué à récolter près d'un milliard de francs pour les paraplégiques. Pour la Fondation, les investissements ratés avec des dons ne doivent pas être sanctionnés plus durement que des investissements malheureux d'une entreprise. Il faut espérer, selon la fondation, que le jugement en deuxième instance sera plus clément que le premier jugement.