Rien ne va plus pour CFF Cargo. La récession économique et la concurrence sur le marché international, qui permet difficilement à un acteur de sa taille de s’y positionner, ont débouché sur une lourde perte de 62,5 millions en 2009, soit plus du double de l’exercice précédent (29,9 millions en 2008). Cela découle principalement de «la baisse d’activités dont ont été victimes de nombreuses branches qui sollicitent habituellement les prestations de l’opérateur ferroviaire», explique Andreas Meyer. Il cite en particulier les industries sidérurgiques et métallurgiques, le transport de conteneurs et de caisses, ainsi que le bois et le papier.

A cela s’ajoutent les difficultés rencontrées à l’étranger. Jeudi, le secrétaire général du Département fédéral des transports (DETEC), Hans Werder, relevait que «CFF Cargo ne peut pas concurrencer les tout grands», qui, comme Deutsche Bahn, occupent le terrain sur l’axe Nord-Sud. Des acteurs de cette taille doivent «chercher des niches ou des alliances».

CFF Cargo y travaille, assure Ulrich Gygi. Afin de freiner la chute, les CFF ont décidé de fonder une société séparée pour externaliser les transports par trains complets en transit transalpin. CFF Cargo devrait se concentrer sur la prise en charge du trafic combiné entre la mer du Nord et le nord de l’Italie. Dans ce cadre, un partenariat avec la société Hupac est à l’étude. Des décisions sont attendues durant le deuxième semestre.

Cela dit, un problème structurel demeure: «Le transfert du trafic de la route vers le rail demeure un vœu pieux», se désole Ulrich Gygi, qui, lorsqu’il dirigeait l’Administration fédérale des finances, avait été l’un des principaux artisans des NLFA et de la taxe poids lourds. «Les compagnies de fret ferroviaire ont des charges fixes supérieures à celles des transporteurs routiers et ont une marge de manœuvre plus faible sur les prix», constate-t-il. CFF Cargo a cependant pris des mesures pour réduire ses coûts. «Nous avons par exemple renoncé à des transports non rentables», lâche-t-il. Les CFF visent désormais 2013 pour le retour à l’équilibre. Ils savent cependant que cet objectif sera difficile à atteindre.