«Sauvez Amir!» Sous ce titre, une pétition en faveur d'un requérant d'asile iranien a été remise mercredi au conseiller d'Etat Claude Ruey. Elle lui demande de surseoir à l'expulsion, prévue en principe pour dimanche. La demande est revêtue d'un millier de signatures, y compris celles de 40 parlementaires fédéraux, recueillies cette semaine à Lugano. Selon les amis d'Amir, le requérant risque d'être exécuté en cas de renvoi à Téhéran.

Amir a 33 ans, une formation d'électronicien et vit dans la région lausannoise. Il a été condamné à mort par contumace par la justice islamique pour avoir vécu en concubinage avec une jeune femme dont les parents refusaient le mariage, explique Isabelle Isoz-Saugy, porte-parole du comité de soutien. Parvenu à fuir, il est arrivé en décembre 1996 à Chiasso, après un voyage clandestin de dix jours dans un camion. Amir n'a toutefois pas pu apporter la preuve de sa condamnation et sa demande d'asile a été rejetée en mai 2000 par l'autorité fédérale. Datée du 14 mars dernier, la lettre d'expulsion fixe le renvoi à dimanche soir au départ de Genève. Quoi qu'il arrive, il ne s'y rendra pas, indique le comité, qui a pris les dispositions pour cacher son protégé.

Cette nouvelle affaire s'ajoute à un dossier de l'asile devenu très chaud dans le canton de Vaud. Les renvois de Kosovars s'y poursuivent, conformément aux directives de Berne, bien que la classe politique du canton ait pris position en leur faveur. A l'initiative d'Anne-Catherine Ménétrey, des parlementaires fédéraux demandent à Claude Ruey de suspendre les expulsions.