En présentant mardi matin à la presse la pétition qu'il venait de lancer, le Groupement transports et économie (GTE) disait militer «pour une réalisation rapide de la traversée de la Rade». Le lobby routier tient ainsi la promesse qu'il avait faite au mois de décembre dernier, lors de la présentation des conclusions du groupe de travail sur le «contournement est de Genève». Ce dernier, mis sur pied par le conseiller d'Etat Robert Cramer, préconisait la construction d'un tunnel à double voie à travers la Rade, reliant la rive droite à la hauteur de l'avenue de France à la rive gauche au niveau du parc des Eaux-Vives, avec une remontée jusqu'à la route de Malagnou.

Selon le GTE, il faut maintenant passer de l'hypothèse à la réalisation. Et il avance ses arguments. Aujourd'hui, la circulation autour de la Rade est saturée aux heures de pointe. Or, d'ici à 2020, le trafic devrait augmenter de 40% et les transports publics ne peuvent absorber, aussi performants soient-ils, plus de 30% du trafic total. Partant de ce constat, il est nécessaire d'améliorer les infrastructures routières pour assurer une bonne fluidité du trafic. Le tunnel de la Rade n'est d'ailleurs pas l'unique construction nécessaire selon le GTE, un contournement par le sud du canton serait aussi à examiner. Mais il est clairement l'élément prioritaire.

Réduction du trafic urbain

Ce tunnel permettrait une réduction de 50% du trafic sur les quais et sur le pont du Mont-Blanc. Mais aussi de diminuer les nuisances et de renforcer l'attractivité commerciale du centre-ville, qui cesserait d'année en année de perdre du terrain par rapport aux centres commerciaux de la périphérie.

Si le lobby routier a choisi de formuler sa demande sous forme de pétition plutôt que d'initiative, c'est pour deux raisons. D'abord, parce qu'il s'agit d'une question régionale. Le projet ne concerne pas uniquement les Genevois, mais aussi les pendulaires français et vaudois qui empruntent tous les jours ces axes. La pétition leur offre la possibilité de s'exprimer. Ensuite, de l'avis des pétitionnaires, le principe d'une traversée de la Rade est acquis. En 1988, les Genevois avaient voté favorablement à une telle réalisation par 68,4% des voix. Ce qui fut refusé en votation en 1996 selon le GTE, ce sont les deux projets présentés, et non le principe même de la traversée.

La pétition réclame de construire dans un premier temps la traversée en elle-même, sans la remontée jusqu'à la route de Malagnou. Cela renforce leurs chances de succès et fait passer le coût des travaux de 600 à 410 millions, soit un montant de 24 millions par année étalé sur vingt ans. Une somme tout à fait acceptable, selon le GTE.