De sa vie, Alberto Velasco, figure du Parti socialiste genevois, aura fait l’objet de deux plaintes pénales. Une d’honneur et une de déshonneur, comme il dit. L’honneur remonte à 1968 quand, gréviste aux Charmilles après son apprentissage de mécanicien, il frôle l’expulsion du pays. Le déshonneur, lui, est récent. Comble d’ironie, il provient d’un camarade.

Un jeune socialiste siégeant alors au Conseil municipal de Bernex, Jacques Friedli, attaque l’année dernière sur le plateau de Léman bleu le vieux briscard de la gauche, en son absence. Il l’accuse d’être favorable au cumul des mandats dans les conseils d’administration des entités autonomes – Alberto Velasco siège alors à Genève Aéroport. S’ensuit, quelques jours plus tard, une prise de bec entre les deux hommes au cours de laquelle le sanguin Velasco fait connaître à son cadet les règles de bonne conduite et finit par le menacer de deux baffes, que ce dernier transforme en plainte pénale. Malgré des tentatives de médiation et les excuses écrites du député, le jeune socialiste, qui va plus tard briguer la présidence du parti cantonal avant de s’effacer de la scène, maintient sa plainte. Un autre député socialiste au Grand Conseil est appelé par la police à témoigner. Ambiance. Président de l’Asloca, cinq législatures à son actif, Alberto Velasco affrontera le procureur en décembre prochain. Contacté, Jacques Friedli n’a pas retourné nos appels.