Une confirmation, mais pas un mot de plus ou presque. Le président du Conseil d’Etat neuchâtelois Claude Nicati a organisé un point presse d’urgence, ce vendredi à 13h, pour faire le point sur les révélations faites ce matin par «Le Temps» sur son collègue Frédéric Hainard. En octobre 2009, le jeune ministre libéral-radical a envoyé un e-mail au Service des ressources humaines de l’Etat pour demander que sa maîtresse bénéficie d’une classe de salaire plus élevée. Il a enregistré un refus. Motif: son amie avait déjà obtenu un traitement de faveur en étant engagée au Service de surveillance des relations de travail (SSRT) alors qu’elle ne disposait pas des qualifications nécessaires pour le poste.

Claude Nicati a répété que le Conseil d’Etat a été «informé» de l’existence de ce document, et qu’il a fait l’objet «d’une discussion au sein du collège». Et, point important, ce débat a eu lieu «avant la création de la commission d’enquête parlementaire (CEP)». Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement n’a-t-il pas demandé formellement à Frédéric Hainard de démissionner, lui qui a toujours nié être intervenu en faveur de sa maîtresse? Mystère. Au terme de sa déclaration, le président du Conseil d’Etat n’a répondu à aucune question.

Dans la foulée, le PS a diffusé un communiqué dans lequel il demande la démission immédiate de Frédéric Hainard. Selon le parti, le ministre PLR «construit sa propre défense sur le mensonge (…) Son comportement inadapté met en péril le bon fonctionnement des institutions et de l’administration publique». La session de juin du Grand Conseil, la semaine prochaine, s’annonce animée.