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Pour une politique agricole suisse audacieuse

En 1980, le directeur de la Chambre vaudoise d’agriculture, Jacques Janin, plaidait déjà pour une agriculture plus libérale

« A l’occasion de sa dernière assemblée générale, la Chambre vaudoise d’agriculture (CVA) présentait à la presse un essai dû à la plume de son directeur, Jacques Janin, et d’un de ses collaborateurs, Luc Thomas, intitulé L’Agriculture suisse sur les marches de l’Europe. Cet ouvrage se situe dans le droit fil des précédents mémoires de la CVA, qui a toujours été à l’avant-garde en matière de politique agricole helvétique. Evoquer un rapprochement entre l’agriculture suisse et le grand marché européen s’inscrit bien dans la continuité d’une réflexion souvent dérangeante et en l’espèce novatrice, voire audacieuse. […]

La démarche […] est séduisante dans le moyen qu’elle suggère […], celui de «corridors d’échange» qui permettraient à la Suisse de se mesurer à ses voisins sur pied d’égalité pour des productions spécifiques. Elle est un peu décevante dans la mesure où elle s’arrête à un seul exemple concret. On a un peu l’impression que les auteurs ont été effrayés par leur propre audace.

Jacques Janin en convient volontiers. «Le milieu agricole, admet-il, est peut-être le plus réfractaire à l’Europe, on ne peut pas y aller à trop haute dose.» D’un autre côté, l’actuel engouement de l’opinion publique pour l’Europe permet de «placer la problématique agricole dans un cadre européen, de lui donner une ouverture et des perspectives». […]

Les deux auteurs […] prêchent en faveur d’une politique volontariste, d’un état d’esprit cherchant à déceler, exploiter et valoriser les atouts de l’agriculture suisse, au lieu que celle-ci se complaise dans la morne considération de handicaps à combler au moyen de paiements directs. La recette: «Rétablir autant de concurrence que peut en supporter une gamme aussi large que possible de branches susceptibles d’être réorganisées en conséquence.»

Concrètement, les auteurs donnent un seul exemple de «corridor», en proposant rien moins que de régénérer l’économie fromagère, une filière que Jacques Janin qualifie de «fossilisée». […]

L’ouvrage propose en substance d’instituer une production laitière à deux vitesses, avec un secteur soumis comme aujourd’hui à la garantie de prix et à la réglementation du marché, qui couvrirait les besoins indigènes, et un secteur libre bénéficiant de prix négociables entre producteurs et exportateurs de fromage. En rétablissant une concurrence entre producteurs de lait, fabricants et exportateurs – de même qu’entre les différentes espèces de fromages – on engendrerait, assurent les auteurs, une émulation, une sélection et une rationalisation porteuses de notables économies de fonctionnement et d’échelle. Il serait sans doute possible d’assurer à moindre prix, avec ces deux systèmes parallèles, un revenu agricole égal à celui d’aujourd’hui. […]

Déjà, quelques produits (kiwis, pêches, certains fruits et légumes) défendent leur place sans ou avec une faible protection. Et des produits très caractérisés, répondant au goût durable d’une clientèle fidèle, devraient s’en sortir, même en restant sensiblement plus chers que la concurrence. Dans l’optique d’un marché ouvert aux échanges internationaux, suggère Jacques Janin, l’agriculture suisse doit viser des spécialités évoquant le terroir, la tradition ou le prestige, en d’autres termes «vendre beaucoup de marketing autour de relativement peu de calories alimentaires brutes». »

« Vendre beaucoup de marketing autour de relativement peu de calories alimentaires brutes »

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