Grâce à la surveillance policière fédérale et à l’intérêt manifesté par le Ministère public genevois, le Pérou récupère un vestige archéologique précolombien pré-inca provenant selon toute vraisemblance de fouilles illicites. Séquestré après avoir été mis en vente sur un site suisse, ce petit récipient en céramique, muni de deux anses, témoin de la civilisation Chancay et vieux d’environ 700 ans, a été restitué vendredi après une procédure qui aura duré une année, a précisé le procureur Claudio Mascotto. Une démarche pro-active encore rare qui donne un souffle nouveau à la loi sur le transfert international des biens culturels.

Tout a commencé en juin 2012 lorsqu’un particulier a proposé cette jarre sur une plateforme de vente en ligne pour quelques milliers de francs. L’objet, provenant très probablement du pillage systématique opéré dans les vallées côtières de Chillon, Chancay ou Huara, au nord de la capitale Lima, n’a pas échappé au monitoring ponctuel et ciblé d’une unité spécialisée dans les biens culturels au sein de l’Office fédéral de la police (fedpol).

Le particulier, un Genevois alors de 31 ans, qui se dissimulait derrière un pseudonyme, a pu être identifié grâce à son adresse internet. Ce dernier fait toujours l’objet d’une procédure pour recel et violation de la loi sur le transfert des biens culturels. La poterie séquestrée a été expertisée aux fins d’authentification. «Il n’y a pas eu d’opposition à sa restitution. Celle-ci a donc été remise ce jour à l’ambassade du Pérou à Berne, avec le concours de la police fédérale», indique le procureur Mascotto.