Vu le profil de la liste Salzmann, on peut effectivement penser, comme le fait le président de l'UDC bernoise Rudolf Zesiger, que cette fronde blochérienne n'est rien de plus qu'un «orage très local». Il n'empêche que cet orage pourrait se transformer en véritable poudrière si les rangs de la dissidence venaient à s'étoffer. Or, ce risque existe, car les thèses semées par Christoph Blocher prennent de plus en plus racine dans le sol bernois.

Ses deux dernières sorties dans ce canton sont là pour le confirmer. Dimanche, ils étaient un bon millier à l'écouter défendre l'indépendance et l'isolement de la Suisse à l'occasion de la Fête nationale à Worben, près de Lyss. Et sa précédente prestation publique, en avril à Huttwil, avait connu un succès identique. Par ailleurs, les choses pourraient sérieusement s'envenimer si d'autres membres du parti bernois sensibles à ses idées – on pense en premier lieu au président des Jeunes UDC Thomas Fuchs – décidaient de sauter dans la brèche ouverte par Werner Salzmann.

L'évolution du combat doit en tout cas être suivie de près, car la possible extension du camp blochérien au sein de l'UDC bernoise aiguisera immanquablement l'appétit de ceux qui rêvent de récupérer Adolf Ogi et, avec lui, tous les démocrates du centre qui ne partagent pas les convictions isolationnistes de Christoph Blocher. Les radicaux et, surtout, les libéraux sont à l'affût, car ils savent que l'éclatement de l'UDC bernoise favoriserait le rapprochement des forces libérales proeuropéennes.

B. W.