Au moment où, dans le monde économique, des voix s'élèvent pour réclamer un Etat plus fort et plus performant, la réforme de la péréquation financière paraît plus que jamais indispensable. Son but vise, précisément, à supprimer les doublons entre la Confédération et les cantons, à défricher la forêt de subventions qui partent de la capitale en direction des 26 chefs-lieux et à égaliser les moyens financiers dont disposent les cantons.

N'ayons pas peur des mots: il s'agit là d'une des plus importantes réformes mises en route ces dernières années. Elle serait certes idéale si l'on avait la certitude qu'elle permette de réaliser des économies. Cette certitude n'existe toutefois pas, et elle paraît finalement secondaire dans la mesure où l'essentiel réside dans l'utilisation plus efficace des ressources dont disposent actuellement les collectivités publiques. A terme, cela équivaudra aussi à une économie.

Ce qu'il faut voir, c'est que la situation actuelle est insatisfaisante. Une part beaucoup trop élevée des dépenses fédérales consiste en subventions versées aux cantons pour financer les décisions prises par ces derniers. La réforme ambitionne de consacrer l'adage «qui paie commande et qui commande paie». Même difficile à atteindre, cet objectif doit être soutenu.

Les obstacles, constitués par les intérêts particuliers des cantons – la richesse de Zoug, le financement des prestations offertes par les centres urbains, les charges spécifiques des cantons de montagne – sont cependant tels que ce dossier doit être manipulé avec la plus grande prudence.