Malgré les loyers élevés en vigueur à Genève, les citoyens ont dit oui à la nouvelle loi sur l’énergie. Ce résultat propulse le canton dans le camp des plus progressistes en la matière. Dans une population constituée à 80% de locataires, c’est indéniablement un signe fort. Le vote des Genevois traduit à la fois leur volonté et leur hâte d’agir en faveur de l’environnement, leur conscience que les actions concrètes ont un coût, et le fait qu’ils sont d’accord d’y contribuer partiellement.

Ce résultat est un camouflet pour le lobby des locataires, qui, en raison de sa puissance à Genève, ne perd presque jamais un scrutin. Il est aussi une sèche confirmation de la déroute du PS après son recul aux dernières élections. Le parti s’efface une fois de plus devant les Verts – partisans de la loi – les laissant s’installer dans leur nouveau rôle de première force de gauche.

Placer le résultat du scrutin sous le signe d’un malentendu ou d’une mauvaise appréciation de la situation, comme le font les perdants, c’est faire fi de la forte combativité des Genevois lorsqu’il s’agit de leurs loyers. Le compromis présenté a été jugé acceptable, en dépit de l’opposition acharnée de l’Asloca et de ses alliés.

Reste que le oui n’atteint pas plus de 52%, rappelant au Conseil d’Etat qu’il sera nécessaire de veiller à l’élaboration d’un règlement d’application équilibré. Et alors l’Asloca et le PS envisagent le lancement d’une initiative en guise de contre-attaque, c’est aussi dans ce cadre-là que leur savoir-faire et leur marge de manœuvre pourraient être judicieusement exploités. Dans l’intérêt des locataires.