Celles – elles sont sans doute peu nombreuses – et ceux qui imaginaient que la réforme AVS 21 pourrait entrer en vigueur en 2022 devront patienter. Après son passage au Conseil des Etats, le projet est si inabouti, si mal ficelé, si peu solide qu’il nécessitera encore de longues et profondes réflexions et discussions.

Le Conseil des Etats était pourtant averti: on ne fait pas aboutir une réforme sociale si elle n’est pas flanquée de garde-fous qui la rendront acceptable auprès de la population et compenseront les sacrifices demandés. On le sait depuis longtemps. La dernière réforme de l’AVS à avoir réussi remonte aux années 1990. Le relèvement de l’âge de la retraite des femmes a déjà été refusé deux fois dans les urnes, en 2004, puis en 2017 dans le cadre de Prévoyance vieillesse 2020 (PV 2020). Entre ces deux dates, le peuple a également rejeté la baisse du taux de conversion du deuxième pilier. C’était en 2010. A chaque fois, les sacrifices ont été jugés excessifs et insuffisamment compensés.