Selon une enquête de l’Université de Bâle, en 2008, 12% des étudiants en médecine indiquaient que la médecine de famille était leur objectif professionnel, contre 8% en 2002. Installé à Chavornay, le Dr Pierre de Vevey confirme cette tendance positive: «Dans la région d’Yverdon-les-Bains, en pleine croissance démographique, plusieurs cabinets ont ou vont fermer prochainement, et les patients ont beaucoup de mal à trouver un nouveau médecin de famille. Mais nous commençons à récolter les fruits de ce que nous semons depuis quelques années.»

Dans certains cantons, les milieux médicaux et l’Etat ont uni leurs efforts pour assurer la relève. Dans le canton de Vaud, le programme d’assistanat en cabinet a déjà permis de former 94 médecins depuis 2005 et 34 nouvelles installations de cabinets spécialisés en médecine de famille sont issues de ce programme.

Le Dr de Vevey, qui partage ses locaux avec son épouse, accueille lui-même un assistant issu de ce programme. «Ce jeune médecin est notre poumon. Il prend en charge les nouveaux cas, s’occupe des situations d’urgence. Il fait ainsi une expérience complètement différente qu’à l’hôpital où les patients défilent alors que chez nous, il peut les accompagner sur le plus long terme. Et c’est probablement un de mes anciens assistants qui reprendra mon cabinet lors de mon départ à la retraite.»

Le canton de Vaud compte aller plus loin encore en créant une fondation dont le but serait de favoriser l’installation de jeunes médecins en les conseillant ou encore en leur accordant des prêts et d’autres facilités. Cette fondation émane d’un partenariat public-privé entre la Société vaudoise de médecine et l’Etat de Vaud.

La votation fédérale du 18 mai permettra également d’ancrer dans la Constitution l’importance des soins médicaux de base. L’objet n’est pas contesté, si ce n’est par l’UDC. D’autres mesures, contenues dans un «Masterplan» adopté par les cantons et la Confédération, permettront en outre de renforcer la formation et la recherche. Enfin, le point TarMed devrait prochainement être adapté à la hausse pour les médecins de premier recours afin d’encourager les jeunes à emprunter cette voie.