Ce lundi, magasins de bricolage, jardineries, coiffeurs, vétérinaires ou encore tatoueurs ont pu de nouveau accueillir des clients. Après plus d’un mois de fermeture en raison de l’épidémie de Covid-19, cet assouplissement a été scruté de près par les cantons, auxquels revient la responsabilité de s’assurer que les mesures d’hygiène et de distanciation sociale sont respectées sur leur territoire. A quelques exceptions près, l’exercice semble pour le moment réussi.

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Un barbier sans lunettes est un mauvais barbier

La population paraît en tout cas ravie de pouvoir remettre le nez dehors. «C’est une fête, se réjouit Damien Ojetti, patron de Coiffure Suisse, la faîtière de la branche. Les clients sont très contents et nous le font savoir. C’est gratifiant de savoir que nous sommes appréciés à ce point.» A la tête d’une association qui chapeaute environ 3000 membres en Suisse, le président central n’a qu’un souci en tête: que les contrôles soient bien faits. «J’appelle les autorités régionales à être vigilantes de manière à ce que cette reprise perdure. Il serait embêtant que toute la classe soit punie pour l’action de quelques mauvais élèves.» Son appel semble avoir été reçu cinq sur cinq.

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«Il est essentiel que les contrôles soient crédibles pour protéger les consommateurs et éviter une deuxième vague, corrobore Philippe Leuba, le chef du Département de l’économie du canton de Vaud. On ne pourra pas tout contrôler tous les jours, mais le dispositif est en place. Et les premiers échos sont bons.» Même son de cloche en Valais, où Stéphane Glassey, chef de l’inspection du travail, salue la discipline des clients et des commerçants. «Il n’y a pas eu de problèmes majeurs. Nous avons rencontré le cas d’un barbier qui n’avait pas de lunettes, ce qui ne va pas. Des gants manquants chez un coiffeur également. Mais, de manière générale, tout le monde joue le jeu.» Les inspecteurs du travail valaisans sont à pied d’œuvre, assure le fonctionnaire.

Les concurrents se surveillent

Le pointillisme helvétique a même frappé jusqu’à Genève. «Il est prématuré de dire que tout va bien, avertit Laurent Paoliello, porte-parole du Département de l’emploi. Mais s’il y avait eu de gros problèmes, nous le saurions déjà.» Spécificité cantonale, le retour au travail de nouveaux secteurs économiques s’est immédiatement répercuté aux douanes, dont la fréquentation a «sensiblement augmenté». La situation reste cependant sous contrôle, assure le Genevois, qui prédit un afflux de frontaliers largement plus important le jour où l’industrie horlogère reprendra le chemin des bureaux. D’ici là, les inspections suivent leur cours. Selon un programme en trois points: «information, dissuasion, répression». Ce plan de combat semble avoir été parfaitement bien compris par la population, qui veille à son bon respect: «Les concurrents ont tendance à se dénoncer les uns les autres, constate Laurent Paoliello. Nous sommes par conséquent très vite informés si quelqu’un fait quelque chose de faux.»