La quatrième révision de la loi, qui entrera en vigueur en 2004, apportera quelques améliorations utiles. «Nous aurons enfin la possibilité de faire examiner les assurés de manière régulière par le biais de services médicaux régionaux. Et nous serons obligés d'offrir un support actif de réinsertion des assurés, en collaboration avec les offices régionaux de placement», résume Andreas Dummermuth. Pour le financement, une augmentation de 0,8% de la TVA est proposée. Le peuple devrait se prononcer l'an prochain.

Cela ne suffira toutefois pas, et Pascal Couchepin est en train de préparer la révision suivante: «Il me paraît nécessaire, sous réserve d'exceptions justifiées, d'attribuer la compétence de l'octroi des rentes à des instances fédérales. On devrait accorder des rentes limitées dans le temps afin de maintenir une certaine pression en faveur de la réinsertion, sauf, bien sûr, pour les cas d'invalidité grave. Et il faut améliorer la coordination entre l'AI, l'assurance maladie, l'assurance chômage et l'assurance accidents. L'objectif est qu'une personne susceptible de devenir rentière AI soit identifiée dès qu'elle est prise en charge par une autre assurance. Mais c'est plus simple à dire qu'à faire. Il faut agir avec prudence en raison de la protection des données», énumère le ministre de l'Intérieur. Ces mesures devraient alléger les charges de l'AI de 700 millions par an.

Meilleure collaboration entre assurances

«Si l'on veut réintégrer les gens sur le marché du travail, il ne faut pas attendre qu'ils soient à la fin de leur chômage. Il faut pouvoir agir avant. Dès qu'un office de placement voit que quelqu'un a des problèmes psychiques, il doit en informer l'office AI. Une meilleure collaboration est indispensable», confirme Peter Hasler. «Vu du front, il ne faut toutefois pas tout centraliser auprès de la Confédération, car mon expérience me démontre qu'il est essentiel de bien connaître les entreprises si l'on espère les inciter à engager des personnes ayant bénéficié d'une rente AI. Or, seuls les offices AI locaux sont en mesure de garantir cette nécessaire proximité», réplique en revanche Andreas Dummermuth. Le Nidwaldien serait également favorable au prélèvement d'un émolument sur les recours de deuxième et troisième instances. «On peut remettre le principe de la gratuité des procédures en question, en maintenant toutefois des garde-fous pour ceux qui ne peuvent vraiment pas payer», suggère-t-il. La révision devrait être présentée au printemps prochain.