Patrimoine

Une séance de crise pour évoquer la sécurité de la cathédrale de Lausanne

A la suite de l’incendie de Notre-Dame de Paris, une réunion exceptionnelle a eu lieu ce matin à Lausanne entre les services de sécurité et ceux de protection et de sauvetage de la ville. Face aux inquiétudes, le chef de service Sylvain Scherz se veut rassurant

L’incendie survenu à la cathédrale Notre-Dame de Paris pose la question de la sécurité des bâtiments historiques. Où en est la Suisse face à des failles potentielles? La cathédrale de Lausanne est-elle bien protégée? La question se pose avec suffisamment d’acuité pour qu’une réunion extraordinaire ait été convoquée mardi matin. Le chef du Service de protection et sauvetage de Lausanne (SPSL), Sylvain Scherz, se veut rassurant face à ces inquiétudes.

Le Temps: Quel est le dispositif de sécurité actuel en cas d’incendie de la cathédrale?

Sylvain Scherz: La cathédrale est un point de vigilance, de même que toutes les infrastructures qui ont une importance patrimoniale. Un dossier d’intervention est établi: il s’agit d’un plan d’action qui définit toutes les modalités à suivre en cas d’urgence. Le procédé n’est pas extraordinaire, les plans sont quelque chose de standard, établi en amont par la police du feu. De plus, le concept d’évacuation est mis à jour régulièrement avec l’intendant de la cathédrale, et s’appliquerait si une évacuation du public lors des offices devait avoir lieu.

Une alarme est installée à l’intérieur de la cathédrale. Elle déclencherait une procédure d’intervention. Il serait ainsi possible de détecter l’incendie de manière précoce et d’agir au plus vite. Les feux se propageant de façon exponentielle, il est essentiel de pouvoir envoyer une équipe plus rapidement et éviter l’escalade.

Lire aussiEn images: Notre-Dame enflammée, Paris le cœur en cendres

Les colonnes sèches, présentes dans la cathédrale de Lausanne et dans certains immeubles récents, permettent d’acheminer l’eau de façon rapide lors des incendies [aucun tuyau de ce type n’existe dans le monument historique qui a pris feu, ndlr], évitant ainsi de devoir déployer tout le matériel alors que le temps est compté.

Une vigilance accrue sera-t-elle mise en œuvre lors des prochains travaux de rénovation?

Les services de protection n’ont pas identifié de risques particuliers lors des travaux de rénovation à Lausanne. Mais l’expérience parisienne et les expertises qui vont ressortir pourraient éventuellement mettre en évidence des points de vigilance particuliers à surveiller et à intégrer dans le futur.

A ce jour, les sapeurs-pompiers du SPSL n’ont jamais eu à intervenir pour un incendie confirmé. En revanche, ils sont présents à titre préventif, notamment lors des illuminations du Nouvel An. Ils se forment en continu à la cathédrale, avec différents engins (comme des échelles automobiles ou un bras élévateur). A l’été 2015, l’exercice «Tornado» avait permis aux sapeurs-pompiers de procéder à l’évacuation de plusieurs personnes, depuis le premier étage de la cathédrale, au moyen du bras élévateur.

Lire aussi: Thomas Büchi, maître charpentier genevois: «Face à Notre-Dame, mon cœur saigne…»

Les contrôles de sécurité vont-ils évoluer à la suite du drame parisien?

Nous testons régulièrement les accès. En organisant des tests avec des camions pour vérifier l’accessibilité du bâtiment, au minimum une fois par an. Mais nous le faisons en réalité beaucoup plus souvent. Si des changements devaient avoir lieu pour évacuer le bâtiment, la direction générale du patrimoine du canton de Vaud nous informerait et nous travaillerions avec les sapeurs-pompiers.

Dans le futur, il n’y aura pas de besoin de modification particulière. En tout cas, rien n’a été décidé pour l’instant. Des mesures d’urgence face à une potentielle faille ne sont pas nécessaires. Mais les mesures préventives sur la cathédrale vont être maintenues. Elles garantissent un niveau satisfaisant en termes de sécurité publique. Il n’y a donc pas de crainte particulière à avoir pour l’instant.

Plus de contenu dans le dossier

Publicité