Neuchâtel

Une seconde femme pour faire rayonner Neuchâtel

C’est le statu quo dans le chef-lieu neuchâtelois. Même répartition des forces politiques à l’exécutif, quatre sortants réélus et l’entrée de la libérale-radicale Violaine Blétry-de Montmollin. Au Conseil général, percée des Vert'libéraux, au détriment du PLR et du PS

Elle s’est fait attendre, comme les résultats d’ailleurs, c’est devenu une mauvaise habitude à Neuchâtel. Grandissime favorite au seul siège à prendre, aux côtés de quatre sortants aisément réélus, la libérale-radicale Violaine Blétry-de Montmollin, 40 ans, ancienne présidente du PLR cantonal, est arrivée la dernière à l’Hôtel-de-Ville de Neuchâtel, souriante, mais sans effusion particulière.

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C’était annoncé – mais les prédictions électorales sont parfois contredites par les temps qui courent: les élections communales du chef-lieu neuchâtelois accouchent du statu quo. Majoritaire depuis 1992, la gauche conserve les rênes de la ville, avec trois des cinq sièges de l’exécutif professionnel et 24 des 41 fauteuils du Conseil général.

A l’exécutif, le PS comptabilise 33,2% des suffrages, les Verts et le POP 28,7% (soit 61,9% pour la gauche). Le PLR obtient 34%, le PDC 4,1%.

Les socialistes Thomas Facchinetti (1er avec 3268 voix) et Olivier Arni (3255) virent en tête, devant le PLR Fabio Bongiovanni (3239) et la Verte Christine Gaillard (3012). Violaine Blétry-de Montmollin n’est pas très loin avec 2825 voix.

Une équipe qui se juge efficace

Les écarts sont conséquents (plus de 400 voix) avec les colistiers, l’élection du quintet ne souffre aucune discussion. «C’est la reconnaissance d’un travail d’équipe efficace, nous avons fait la démonstration qu’il est possible d’avoir un développement urbain, social et écologique, tout en maintenant une gestion rigoureuse», se réjouit Thomas Facchinetti. En quatre ans, l’exécutif a tout de même augmenté les effectifs d’une centaine de postes.

«Les gens sont satisfaits, nous travaillons avec sérieux», renchérit Christine Gaillard. A ceux qui se plaignent qu’on ne voit pas grand-chose dans les faits, Olivier Arni rétorque: «Nous avons entendu la population, construit avec elles des projets intelligents, dynamiques, qui correspondent aux aspirations et aux ambitions des Neuchâtelois. Le fruit est mûr, nous allons passer maintenant aux concrétisations.»

Une participation très moyenne

Aisée et non-contestée, l’élection de l’équipe exécutive de Neuchâtel souffre tout de même d’une participation très moyenne. Elle est certes supérieure aux 29,55% de 2013, mais avec 35,9%, elle est très éloignée des 45,3% du scrutin fédéral sur l’initiative «Sortir du nucléaire». Certes, les étrangers électeurs ne pouvaient pas voter au plan fédéral, et leur participation est toujours bien plus faible que celle des Suisses. Il n’empêche, il se disait dans les couloirs de l’Hôtel-de-Ville qu’environ 10% des enveloppes de vote ne comprenaient pas de bulletin local. Certains électeurs ne se sont pas reconnus dans les candidatures présentées.

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«Je suis prête à m’intégrer dans l’équipe exécutive de Neuchâtel», affirme Violaine Blétry-de Montmollin. Saura-t-elle y amener comme elle l’a promis son grain de sel, voire être parfois être la mouche du coche? «Je serai constructive et collégiale», dit-elle désormais prudemment. Affirmant qu'«avec l’équipe du Conseil communal», elle s’emploiera à «faire rayonner Neuchâtel».

Un signe avant les cantonales d’avril 2017?

L’élection locale en Ville de Neuchâtel présage-t-elle des élections cantonales d’avril 2017? Même s’il suscite quelques critiques, l’exécutif du chef-lieu a été confortablement reconduit. Le Conseil d’Etat, dont les cinq membres se représentent, pourrait lui aussi être réélu, en bloc et en équipe, malgré la contestation qui émane de la rue (700 manifestants samedi à La Chaux-de-Fonds, contre l’austérité).

Percée des Vert'libéraux

Tombés en fin de soirée, les résultats de l'élection au Conseil général (parlement local) ne chamboulent pas l'échiquier local. La gauche conserve 24 des 41 sièges (-1). A droite, les Vert'libéraux, pour la première fois en lice, grappillent trois mandats. Principalement au détriment du PLR (-2 sièges, de 15 à 13). Vert'libéraux et PDC (1 élu) pourront constituer un groupe centriste. 

A gauche, profitant, comme PVL, de la simultanéité avec le scrutin fédéral «Sortir du nucléaire», les Verts confirment leurs 7 sièges. Le POP en perd un au profit de Solidarités (3). Avec treize mandats, le Parti socialiste enregistre son plus mauvais score en Ville de Neuchâtel depuis 1952.

La désignation du parlement local du chef-lieu donne peut-être également un signal à cinq mois des élections cantonales. Majoritaire au Conseil d'Etat, le PS subit une érosion. Tout comme l'autre parti gouvernemental, le PLR. Au profit des Verts et des Vert'libéraux.

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