et de la section grisonneC'était attendu. Mercredi soir, lors d'une assemblée générale à huis clos, l'UDC neuchâteloise a plébiscité le bannissement d'Eveline Widmer-Schlumpf et de la section grisonne. L'exclusion de la conseillère fédérale a été votée à l'unanimité. Le sort de l'UDC grisonne a été à peine plus discuté, avec 103 voix pour, 12 contre et une abstention.

Le sujet, qui arrivait en troisième position à l'ordre du jour, a suscité le débat «une bonne heure», selon le futur président du Grand Conseil, Walter Willener. Dans le sillage du conseiller communal (exécutif) de La Chaux-de-Fonds Pierre Hainard, les quelques opposants à l'exclusion de la section grisonne ont tenté de trouver une alternative moins radicale. Le président cantonal, Yvan Perrin, a souligné qu'il n'y en avait pas. Il a été largement suivi.

L'épisode confirme la ligne scrupuleusement blochérienne de l'UDC neuchâteloise. Contrairement aux sections vaudoises, fribourgeoises et jurassiennes, où une base agrarienne subsiste, elle apparaît monolithique. Seuls quelques garants de la ligne économique du parti détonnent un peu en affichant une sympathie plus ou moins marquée pour l'intégration européenne.

Cette orientation claire a permis au parti d'Yvan Perrin d'enchaîner les victoires électorales et de s'imposer comme le premier parti de droite du canton. Avec un point faible récurrent: l'UDC peine à s'implanter à l'échelle locale, où ses résultats restent globalement décevants. Lors des communales de 2004, elle présentait des candidats dans 5 des 62 communes du canton. Quatre ans plus tard, elle en a gagné deux (Le Landeron et Val-de-Travers) mais a disparu du Locle.

L'UDC neuchâteloise peine aussi à attirer de nouveaux membres. En décembre 2007, ils étaient 270, contre environ 2500 pour la section fribourgeoise. «L'éviction de Christoph Blocher du conseil fédéral a donné un coup de fouet aux adhésions, souligne Walter Willener. Nous sommes aujourd'hui à 388. Ce n'est pas fini. Nous avons reçu plusieurs demandes d'adhésion mercredi soir.»

Pour devenir crédible à l'échelle locale, le parti s'apprête à lancer «un important travail de terrain» afin de créer des sections dans les communes. «Nous devons nous inspirer de ce qui se fait dans le canton de Vaud, estime Yvan Perrin. A terme, cela créera un effet d'entraînement.» Dans la même logique, une section de Jeunes UDC va voir le jour sous l'impulsion, notamment, d'Emilie L'Eplattenier, récemment élue au parlement de La Chaux-de-Fonds.