La session de Flims/Flem sera la troisième organisée hors de Berne. A l'occasion de précédents travaux de rénovation du Palais du parlement, les Chambres fédérales s'étaient déjà exilées à Genève en 1993 et à Lugano en 2001. «Il est indéniable que les sessions extra-muros ont contribué à améliorer la compréhension des minorités linguistiques et des régions concernées», lit-on dans le rapport du bureau du Conseil des Etats à l'appui de la candidature grisonne. Cette affirmation est sans doute un peu exagérée, mais elle plaide pour une session en territoire rhéto-romanche. Le site de Flims a d'ailleurs été préféré, pour cette raison, à une délocalisation en ville de Berne.

La raison de ce troisième exil parlementaire découle des travaux qui seront entrepris après le déménagement des médias dans le nouveau Centre de presse que la Confédération construit à quelques encablures du Palais fédéral. Equipé d'une salle de conférences de presse high-tech et d'un vaste studio pour la SSR, à l'étroit sous la Coupole, ce centre pourra accueillir tous les représentants des médias actuellement logés à l'intérieur du Palais du parlement. Leur départ libérera des surfaces qui seront ensuite transformées en bureaux et en salles de réunion pour les parlementaires.

Le centre de presse, dont le coût a été fixé à 42 millions, sera prêt au printemps 2006. La transformation du Palais fédéral se fera durant l'automne. Pour des raisons de commodité, il a été décidé que les Chambres ne siégeraient pas dans leur domicile habituel pendant les travaux. Le choix de Flims a l'avantage de permettre aux deux conseils de se trouver au même endroit, ce qui ne serait pas le cas si une solution provisoire devait être trouvée en ville de Berne: le National pourrait siéger dans la salle du Grand Conseil bernois, mais le Conseil des Etats devrait se déplacer au Kursaal.

Le déplacement aux Grisons coûtera en revanche plus cher (1,7 million) qu'une délocalisation en ville de Berne (1,3 million). C'est sensiblement plus que la session de Genève, mais un peu moins que celle de Lugano. Selon le bureau du Conseil des Etats, le coût net n'est cependant que de 700 000 francs car cette solution réduit de 1 million le coût des transformations qu'il faudrait faire à l'intérieur du Palais fédéral si le parlement y restait durant les travaux. De son côté, le Conseil fédéral, qui a donné son aval du bout des lèvres, rend attentif au fait que «ce déplacement occasionnera des coûts supplémentaires non seulement pour le parlement, mais encore pour le Conseil fédéral et pour l'administration». Sans oublier les médias.