Le rendez-vous est donné à Sion, à proximité d’un parking public, aux environs de 19h. Pour le reste, il faudra attendre. Destination? Nombre de convives? Menu? Les informations concernant les repas clandestins ne se divulguent visiblement pas par messages. Tout juste est-il précisé qu’il serait bienvenu de prendre de l’argent liquide avec soi, même si les cartes sont généralement acceptées. Aller manger au restaurant devient une véritable aventure en ces temps de pandémie. Car si les lieux de restauration sont fermés depuis fin décembre, certains d’entre eux contournent discrètement les règles.

Il est finalement 19h30 quand Michel* et Olivier* nous embarquent dans leur voiture, direction un village du Valais central. Le trajet dure une dizaine de minutes. L’occasion pour ces habitués de ce genre de repas de nous mettre au parfum. La discrétion est la clé. Ils se sont donc fixé des règles: pas de photo et surtout pas de publication sur les réseaux sociaux. «Une assiette spéciale, un tableau, des rideaux spécifiques, ce genre d’éléments se remarquent facilement et l’on pourrait reconnaître l’établissement», souligne Michel. Le repas que nous allons déguster ce mercredi soir est le troisième de la semaine pour lui. «Et il y en aura un de plus avant dimanche», sourit-il, en précisant que «le chiffre magique, d’habitude, c’est deux repas par semaine».