Contraint de démentir comme il le peut les accusations de Mediapart, le ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, aurait un bon moyen de prouver, s’il dit vrai, qu’il n’a jamais détenu de compte à UBS: s’adresser par écrit à la banque pour la délier du secret bancaire.

Comme le rappelait le site Rue89 jeudi, il existe un précédent. En 2004, en pleine affaire Clearstream, l’économiste français Alain Minc figurait sur une liste de gens accusés d’avoir touché de l’argent illégalement. Il avait alors informé le juge qu’il autorisait «tous établissements bancaires suisses, luxembourgeois ou sis dans un autre Etat à fournir toutes informations et documents sur le ou les comptes prétendument ouverts auprès d’eux».

UBS a-t-elle reçu une telle demande de la part de Jérôme Cahuzac? «Du fait du secret protégeant les clients et les non-clients, UBS ne peut faire aucun commentaire sur cette affaire», répond laconiquement la banque. Contactés, les services du ministre n’ont pas non plus été en mesure de répondre à la question. Pourtant, assure un banquier de la place, la chose serait aisée: «Une simple demande formelle autoriserait la banque à certifier, le cas échéant, qu’il n’a jamais eu de compte chez elle.» Même si ledit compte était un compte à numéro? «Bien sûr, confirme le banquier. Un compte numéroté ne signifie pas que la banque ne connaît pas l’ayant droit économique. Cela veut seulement dire que seul un nombre restreint de personnes a accès à l’information.» Et d’ironiser: «Si Jérôme Cahuzac avait adressé une telle demande à la banque, je vous garantis que cela se saurait déjà!»