Le séjour aura été de courte durée. Interpellée à sa descente d’avion à l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv, une ressortissante suisse a été immédiatement expulsée et renvoyée vers la Suisse. En cause: ses liens avec l’organisme international BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël) qui dénonce ouvertement la politique d’occupation menée par l’Etat d’Israël. Une décision qui témoigne d’un durcissement de la politique israélienne envers les militants se réclamant de BDS.

«Le 1er août dernier, le Département fédéral des affaires étrangères a été informé, par une tierce personne, qu’une ressortissante suisse n’avait pas pu entrer en Israël», confirme la porte-parole Sonja Isella. Jusqu’ici, les renvois d’activistes ou de militants pro-palestiniens étaient épisodiques, ils semblent désormais systématiques pour les militants proches de BDS, selon de toutes récentes directives du ministère de l’Intérieur. Créée en 2005 suite à l’Appel de la société civile palestinienne, l’organisation lance régulièrement des campagnes de boycott de produits, mais aussi dans les domaines culturel, académique ou sportif. A Berne, l’ambassade d’Israël déclare, quant à elle, ne pas avoir eu connaissance du cas.

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«Israël intensifie de plus en plus ses attaques contre les défenseurs des droits humains et vise à discréditer tout mouvement de solidarité avec le peuple palestinien», déplore Eva Gammenthaler militante de BDS Suisse, tout en précisant que la ressortissante expulsée ne désire pas s’exprimer pour l’instant. Selon le site pro-israélien Europe-Israël.org, la Suissesse était «membre d’une organisation chrétienne antisioniste suisse qui travaille main dans la main avec BDS» et s’était déjà «fait remarquer par son activisme contre Tsahal». Difficile de déterminer avec précision la nature de ses engagements sur place. Elle serait liée au Conseil œcuménique des Eglises (COE). En mai dernier déjà, des membres et des partenaires de ce Conseil avaient été placés en détention puis refoulés d’Israël alors qu’ils se rendaient à une conférence sur l’écologie.

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S’il n’a pas connaissance du cas particulier de cette ressortissante suisse, le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE) estime toutefois que l’exemple illustre la «dérive autoritaire d’Israël, qui tend à restreindre toujours davantage les libertés individuelles». «C’est l’expression de sa prétendue démocratie: tenter de museler toutes les voix critiques. La lutte anti-BDS est désormais une priorité pour le gouvernement». «Evoquer publiquement BDS en Israël est un acte répréhensible pénalement», ajoute-t-il.