La diplomatie suisse est sans doute la seule au monde à s’être dotée d’une task force sur «le ­traitement du passé et la prévention des atrocités». Créée en 2011, elle visait à unir les efforts de ­quatre divisions du DFAE (droit international public, sécurité humaine, coopération et organisations internationales) afin de ­gérer conjointement des situations de conflit, de médiation, de post-conflit et de développement. Dans son message de juin 2011 portant sur l’octroi de 310 millions de francs à la promotion de «la sécurité humaine» pour la période de 2012 à 2016, le Conseil fédéral souligne que «le traitement du passé» est l’un des quatre «thèmes phares» du DFAE, «de ­nature à prévenir les conflits, assurer la durabilité des processus de paix et protéger les populations civiles».

Fort impact symbolique

Du fait que les programmes de traitement du passé sont essentiellement un investissement en ressources humaines et en diplomates, les montants engagés dans les programmes de «traitement du passé» sont faibles, mais à fort impact symbolique et politique. Ils se montent entre 5 et 8 millions de francs, soit de 10 à 15% du budget de la Division de sécurité humaine. A quoi, il faut ajouter en outre les programmes du traitement du passé menés par la coopération suisse.

En termes d’initiatives bilatérales, le DFAE soutient activement les efforts de la société burundaise en vue de créer une Commission vérité au Burundi. En Colombie, Mô Bleeker dirige le conseil consultatif international du Groupe de mémoire historique. Sous l’impulsion du DFAE, le Plan Ahtisaari sur le Kosovo comprend une disposition sur la justice transitionnelle. En 2009, sous le patronage de la Suisse, l’Arménie et la Turquie ont convenu de mettre notamment sur pied une commission mixte d’historiens, mais les parlements d’Erevan et d’Ankara tardent à ratifier le protocole. Dans les Balkans, les efforts portent sur l’aide aux gouvernements pour les tribunaux locaux, la création de centre d’information accueillant les archives du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et le soutien à des ONG de droits de l’homme et à un réseau de médias indépendant.