Le Temps: Que pensez-vous du modèle présenté par Genève et Fribourg, qui consiste principalement en un rabattement d'affaires sur les cantons, qui doivent ensuite faire valoir leurs atouts propres?

Claude Jeanrenaud: C'est un modèle trop simpliste. N'oublions pas combien Genève et l'Arc lémanique sont plus attractifs que le Jura ou Fribourg! Par conséquent, je trouve bien de regrouper les forces, mais ensuite faut-il encore organiser cette concurrence mieux que dans ce modèle.

- Comment faire pour éviter que certains cantons ne se sentent lésés?

- Au départ, il y a déjà une certaine distribution des projets potentiels en fonction des contraintes (ex.: présence d'un aéroport). Pour les autres, il faut faire un «concours de beauté» où les cantons tentent de séduire les entreprises.

- Avec quels moyens?

- Des rabais fiscaux, mais aussi des primes à l'emploi, des facilités administratives, etc., et en essayant de créer des centres de compétence.

- Il faut également mettre en place le cadre du jeu...

- En instaurant des règles de déontologie. Les cantons ne doivent, par exemple, pas entrer en contact avec les entreprises avant les autres. Il faut également une totale transparence sur les projets, leur suivi et les avantages qui sont accordés. Il faut enfin rester cohérent: le Valais et le canton de Fribourg ne décrocheront pas d'implantations de grands quartiers généraux, il faut privilégier les projets industriels dans ces régions.

- Que pensez-vous de la proposition de regrouper les promotions endogène et exogène?

- Cela peut être positif. Il est important d'attirer les entreprises mais, ensuite, il faut s'en occuper. L'Irlande l'a bien compris et discute avec les sociétés implantées pour décrocher de nouveaux projets liés.

- Votre dernière recommandation?

- Comme à Zurich, il faudrait mettre en place un conseil d'administration pour la structure commune avec des personnalités venues de l'économie, et non des politiciens!