La secrétaire générale adjointe du Département des finances du canton de Vaud a franchi le Rubicon. Christelle Luisier Brodard est depuis hier candidate à la présidence du Parti radical vaudois, soumise au vote du congrès agendé le 2 juillet prochain pour assurer la succession de Claude-André Fardel.

Mais Christelle Luisier Brodard ne sera pas seule. Pierre Grandjean, député au Grand Conseil, syndic de Senarclens et ancien président de l'Union des communes vaudoises, ainsi que Marc-Olivier Buffat, député lausannois et président des radicaux de la capitale, brigueront ensemble les deux postes de vice-président prévus par les nouvelles structures du parti, adoptées le 7 mai dernier.

Le trio incarne la promesse de renouveau et le miracle du rassemblement face à la crise qui mine le Grand Vieux Parti. «Nous ne pouvons plus nous payer le luxe de guerres intestines», résume la candidate. L'union sacrée des trois prétendants rapproche les générations, les régions, les sexes et les courants.

Christelle Luisier Brodard, 34 ans, représente la relève et la Broye vaudoise. Proche du président du Conseil d'Etat, Pascal Broulis, elle quittera une fois élue ses fonctions auprès du département dirigé par le magistrat de Sainte-Croix.

Pierre Grandjean, 62 ans, navigue plutôt à la droite du parti. Il assure aussi des liens solides avec son terreau historique. Selon certains observateurs des affaires radicales, il ne déplaît ni à Olivier Feller, qui a renoncé à la présidence malgré des grandes chances de réussite, ni à Jacqueline de Quattro, l'autre magistrate radicale du gouvernement.

Marc-Olivier Buffat, 47 ans, court plutôt pour les radicaux urbains. Colistier malheureux d'Olivier Français lors des fédérales de 2007, il porte les couleurs des actifs arrivés à maturité. Sans oublier de défendre les intérêts de Lausanne au sein du canton.

La présence de deux députés sert aussi à assurer les liens avec le législatif cantonal, indispensables à la bonne conduite de la formation qui voudrait se dégager de son étiquette gouvernementale, «retourner sur le terrain et reconquérir des électeurs», déclare Christelle Luisier Brodard. Qui indique aussi la nécessité de poursuivre le rapprochement, puis la fusion, avec les libéraux vaudois. Histoire de profiler une force de droite libérale et ouverte.

Seuls en lice

A deux jours du délai fixé au 30 mai pour le dépôt des candidatures, la troïka qui s'est manifestée hier est la seule en lice, confirme Gilles Meystre, secrétaire général des radicaux. Et il est probable qu'on en reste là tant la tâche semble ardue et l'équipe menée par Christelle Luisier Brodard convenir à tout le monde. Surtout que le ticket résulte de discussions impliquant toutes les instances dirigeantes du parti.