Après des années de controverse lausannoise sans que les habitants de la capitale aient jamais eu l'occasion de se prononcer, ce sont finalement les citoyens vaudois qui trancheront, le 23 septembre, sur le projet d'usine d'incinération des déchets Tridel. En raison de la subvention cantonale prévue (90 millions sur un investissement total de 291 millions), ce projet tombe sous le coup du référendum financier obligatoire.

Fin de la dépendance vaudoise?

L'usine Tridel devrait mettre fin à la dépendance vaudoise dans le domaine du traitement des déchets et au «tourisme» des ordures qui s'en suit. Sa réalisation, qui suivra celle de l'usine fribourgeoise de Posieux, est conforme à la planification fédérale. Mais l'emplacement, le coût et la technologie sont contestés.

Alors que les fronts politiques se resserrent dans le canton de Vaud à l'approche des élections communales (octobre) et cantonales (mars 2002), ce dossier ouvre une curieuse parenthèse, au-delà des clivages partisans. On trouve parmi ses défenseurs l'officialité municipale et cantonale, de même que le gros des troupes radicales et socialistes. Les libéraux et les écologistes sont en revanche très divisés, la moitié des uns et des autres s'étant unis pour former le cœur de l'opposition. Candidate à la Municipalité de Lausanne, la libérale Eliane Rey s'oppose ainsi, pour la bataille Tridel, à ses alliés de la guerre électorale, tandis que le municipal Vert Daniel Brélaz n'a pas réussi à convaincre l'ensemble de son camp.

Et si les Vaudois acceptaient le projet, tandis que les Lausannois disaient clairement non? L'hypothèse, qui n'a rien d'impossible, est volontiers brandie par les opposants, qui la dépeignent comme difficilement gérable politiquement. Faute d'exemple précédent concernant la capitale, les partisans de Tridel ne peuvent se référer qu'à Sauver Lavaux: c'était aussi un projet d'intérêt général, imposé par le canton à une région qui ne voulait pas en entendre parler.