La survie de l'école catholique du Valentin (lire ci-contre) passe donc par une insertion dans le «marché de la formation» avec la promotion de «produits», comme le bilinguisme français-italien. Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire de Lausanne, Fribourg et Genève, n'estime pas le changement en contradiction avec l'enseigne de l'école.

Le Temps: Votre présence aujourd'hui est-elle davantage que symbolique?

Mgr Pierre Bürcher: Elle est très concrète. A travers la Fédération des paroisses catholiques, c'est encore 400 000 francs qui sont apportés à l'école du Valentin.

– Cette aide financière disparaîtra. Quel lien restera-t-il encore entre l'Eglise catholique et les écoles?

– L'aide ne disparaîtra pas, puisque le fonds de bourses permettra d'avoir toujours des écoles ouvertes aux plus pauvres, selon une volonté qui correspond clairement à la pastorale cantonale. Les écoles catholiques ont également en commun une charte qui précise qu'elles sont animées par l'Evangile et en communion visible avec l'Eglise.

– Quelle perspective leur fixez-vous?

– L'Eglise tient à des écoles de qualité dans tous les domaines, éducatif, pédagogique, relationnel, œcuménique. Il est important qu'elles soient tournées vers cette moitié de la population catholique vaudoise qui est d'origine étrangère, et le projet bilingue va dans ce sens. Enfin, elles ont à promouvoir une vision chrétienne du monde, au-delà de la consommation et du profit.

– Sont-elles encore des réservoirs de vocations?

– On peut l'espérer. Moi-même, je suis passé, à Nyon, par l'enseignement catholique.