«Il faut laisser les enfants être des enfants.» C'est avec ce slogan que les opposants à la loi scolaire zurichoise ont fait mouche, combattant de manière hautement émotionnelle le nouveau degré rassemblant école enfantine et première année primaire. Répandant par là une image surannée de «nos chers petits», qu'il faut mettre quasiment sous une cloche de verre et protéger comme des plantes fragiles tant qu'ils sont au bien nommé «jardin d'enfants». Cette vision des enfants comme des êtres qu'il ne faut pas dénaturer par l'apprentissage trop précoce de la lecture, voire de l'écriture, ne tient compte ni de la réalité, ni des acquis de la pédagogie. Les enfants aiment apprendre. Et c'est une approche bien étrange de l'école que de prôner le jeu et le plaisir pour les deux premières années non obligatoires, avant que ne commence le bagne dès le degré primaire. Le fait qu'une partie non négligeable des enseignants primaires se soit rangée à ces arguments est le plus inquiétant pour l'avenir de l'école zurichoise, bien plus que l'opposition fondamentale de l'UDC à la loi.