La France a longtemps espéré vendre ses avions militaires Rafale à la Suisse. Son président, lui, prendra le train pour rallier Zurich à Lausanne lors du second jour de sa visite d’Etat, les 15 et 16 avril. Ce voyage en train, original, lui permettra de rencontrer des personnalités de la société civile aux côtés de la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga.

A Zurich le matin, le chef de l’Etat français aura visité une entreprise spécialisée dans les technologies vertes, Ernst-Schweizer AG, puis la Zürcher Hochschule der Künste, avant de rencontrer à huis clos les milieux économiques. Une seule halte en revanche à Lausanne: l’Ecole polytechnique fédérale et le Rolex Learning Center, pour un déplacement centré sur le thème de l’innovation. Une liaison pourrait être établie entre les deux présidents et le chef de la mission Solar Impulse, Bertrand Piccard.

Côté politique, trois éléments à retenir en plus des traditionnels entretiens bilatéraux qui auront lieu le mercredi après-midi à Berne, avec une allocutation en direct de l’Hotel de Ville, des rencontres au Bernerhof, puis un échange avec la communauté française de Suisse au centre Paul Klee. Une belle brochette de ministres accompagneront Francois Hollande, parmi lesquels Ségolène Royal (Ecologie), Michel Sapin (Finances), Francois Rebsamen (Travail), Harlem Desir (Affaires européennes), Axelle Lemaire (nouvelles technologies) et Najat Vallaud Belkacem (Education). Des chefs d’entreprises, des présidents de région et des présidents d’université seront aussi du voyage, mais pas d’industriels de l’armement et personne du groupe Dassault, fabriquant du Rafale…

Trois points forts

Premier élément: une déclaration conjointe sera signée sur la question sensible de l’aéroport Bâle-Mulhouse. Elle confirmera la volonté présidentielle d’en finir avec de dossier empoisonné, même si, comme peut l’affirmer Le Temps, tous les détails n’ont pas été réglés lors des discussions techniques du 9 avril.

Deuxième point fort de cette visite: l’écologie et la coopération franco-suisse dans ce domaine. La France continue de conditionner la signature d’un accord bilatéral Suisse-UE sur l’électricité à la conclusion d’un accord cadre institutionnel, mais la question de l’énergie verte et de la participation suisse à la grande conférence climatique COP21 de novembre à Paris sera discutée. Pour éviter les sujets qui fâchent, le cas problématique de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim ne devrait pas être évoqué. Son démantèlement, auquel la France s’est engagée, est demandé par la Suisse qui tient à être informée du chantier et de ses conséquences pour les riverains helvétiques.

Troisième point fort: éducation, recherche, apprentissage. Une autre déclaration annoncée comme importante devrait être faite à l’EPFL, où le projet d’une unversité francophone virtuelle devrait être confirmé, avec mise en évidence des coopérations possibles sur le e-learning. Côté apprentissage, on concède à Paris que «les liens que la Suisse a su tisser entre le monde de l’entreprise et le monde de l’école sont d’un grand intérêt et méritent d’être étudiés». Des initiatives conjointes pourraient aussi être annoncées dans ce domaine.

Dernier élément ajouté au programme présidentiel: une fois la visite d’Etat achevée jeudi vers 17h30 à Lausanne, François Hollande et sa délégation se rendront au Comité international olympique pour y être accueillis par son président Thomas Bach. La candidature de Paris aux JO 2024 sera bien sûr «au menu». Les derniers instants passés par le président de la République sur le sol helvétique seront consacrés à la visite du musée olympique. Il pourra y revoir les images des derniers JO d’été organisés en France: ceux de Paris, en… 1924.