«Pourquoi n'avons-nous pas le droit de voter alors que de nombreux étrangers qui vivent en Suisse participent aux élections de leur pays d'origine?» Olivier Ramambason est déçu. Selon la loi malgache, il ne pourra pas prendre part à l'élection présidentielle qui se déroulera à Madagascar dimanche 16 décembre et qui opposera six candidats, dont le président sortant l'amiral Ratsiraka.

Olivier Ramambason, diplômé de l'EPFL résidant en Suisse depuis douze ans, a eu une idée ingénieuse: organiser une fausse élection à Genève, mais avec une vraie urne prêtée par la commune de Meyrin. Par e-mail, il a invité quelque 1500 de ses concitoyens résidant en Suisse romande, mais aussi en France voisine, de la région Rhône-Alpes à se rendre ce dimanche entre midi et 18 heures dans le hall de l'aéroport de Genève pour voter. L'opération se déroulera en toute discrétion, mais tout de même avec le drapeau de Madagascar.

Les Malgaches devront biffer cinq candidats sur le bulletin et glisser leur vote dans l'urne. Ce scrutin n'aura évidemment aucune valeur légale, mais sera éminemment symbolique.

«J'enverrai les résultats en indiquant le nombre de participants au futur président de Madagascar pour l'inciter à changer la loi électorale de notre pays, afin de permettre à nos ressortissants de voter même s'ils vivent à l'étranger», prévient Olivier Ramambason.