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Une manifestation pour l’égalité salariale à Genève en mai 2018.
© Keystone/SALVATORE DI NOLFI

Egalité salariale

Quand Unia crée des «fake news»

Le syndicat assume une opération de communication peu conventionnelle qui a provoqué des remous sur les réseaux sociaux

Unia a tenté de susciter une polémique sur les inégalités salariales en s’appuyant sur une fausse offre d’emploi publiée par une compagnie inexistante. Rapidement éventé par les internautes, le montage a ensuite suscité un débat sur la légitimité même de la démarche.

L’histoire rocambolesque démarre la semaine dernière, lorsque la blogueuse @funambuline s’indignait sur Twitter d’une annonce de la société Meyer Info.

Celle-ci proposait ouvertement, pour un poste d’assistant en ressources humaines, un salaire de 20% moins élevé aux candidates féminines. La publication de la blogueuse a été retweetée près de 50 fois. En commentaire, de nombreuses personnes se sont outrées d’un décalage aussi indécent. Lematin.ch a même consacré un article à ce sujet, dans lequel Rebecca Ruiz, conseillère nationale socialiste, exprimait sa colère face à cette pratique d’embauche discriminatoire.

Lire aussi: L’égalité salariale, ce thriller politique

Sauf que voilà: de nombreux internautes ont senti la fake news. Très vite, des commentaires ont fusé en ce sens, estimant que l’information ne pouvait pas être vraie. Le lendemain de sa publication, lematin.ch retirait son article et publiait deux jours plus tard un rectificatif, dans lequel il déclarait avoir appris que la société Meyer Info n’existait pas et que le montage avait été réalisé par un «grand syndicat».

Je comprends la volonté de provoquer un électrochoc

Mathias Reynard, conseiller national socialiste

En ce début de semaine, la blogueuse en question a confirmé l’information sur son blog et sur le site du journaliste Grégoire Barbey. Elle affirme avoir été approchée au début du mois de mai par Unia, puis par une société de communication appelée Mosh, en charge de la campagne. Cependant, face au buzz qu’elle était en train de susciter et aux critiques qu’elle recevait pour relayer des informations fausses, elle a déclaré ne plus pouvoir assumer et a préféré révéler la vérité.

La fin justifie-t-elle les moyens?

L’opération de communication n’aura somme toute pas fait illusion longtemps. Elle a néanmoins suscité des débats vifs sur internet. Certains se sont indignés, parlant de fake news et s’interrogeant sur la pertinence d’une telle pratique qui ne faisait d’ailleurs pas l’unanimité au sein du syndicat même. Au département communication d'Unia, on déclare ne pas être au courant d’une telle campagne. «Nous n'avons pas besoin de faire de fausses annonces pour voir qu’il y a des inégalités salariales tous secteurs confondus», estime, quant à lui, le responsable vaudois d’Unia, Yves Defferrard, qui s’est également étonné de la démarche.

Lire aussi: L’égalité salariale hommes-femmes? Pas avant 2186

Le conseiller national socialiste Mathias Reynard défend le syndicat: «Je comprends la volonté de provoquer un électrochoc. Ça a le mérite de susciter le débat sur un sujet qui n’est pas considéré important dans les milieux politiques.» L'élu valaisan dénonce par ailleurs l’immobilisme de la Berne fédérale: «Ce sont de vieux mecs qui décident. Voilà pourquoi la seule réforme proposée d’une loi sur l’égalité inappliquée est presque vidée de substance et n’a que peu de chances d’aboutir.»

Une communication précipitée

Contacté par de nombreux journalistes depuis la semaine dernière, le syndicat s’est longtemps refusé à fournir toute explication. L’entreprise Mosh affirme avoir convenu avec Unia de ne rien divulguer. Finalement, le syndicat a publié mercredi un communiqué. Tout en assumant le montage, Unia retirera le site internet de la fausse entreprise Meyer Info en fin de semaine pour le remplacer par un site d’explication sur les inégalités salariales, ce qui faisait partie intégrante de la démarche. Le communiqué justifie cette campagne provocante par la volonté de dénoncer une «réforme édulcorée», celle qui sera soumise au parlement le 24 septembre, et entame ainsi sa campagne en vue de la manifestation prévue le 22 sur la place fédérale.

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